[scald=45789:sdl_editor_representation]KABOUL (Reuters) - L'ancien chef de l'Etat afghan Burhanuddin Rabbani, qui dirigeait le Haut Conseil pour la paix chargé de trouver une issue négociée à la guerre, a été tué mardi dans une attaque contre sa résidence à Kaboul.

Un proche conseiller du président Hamid Karzaï a en outre été grièvement blessé.

"Rabbani a été tué en martyr", a déclaré sans plus de détail Mohammed Zahir, chef de la police criminelle de la ville, interrogé par Reuters.

"Masoom Stanekzai est vivant mais grièvement blessé", a-t-on ajouté de source proche des forces de l'ordre, évoquant le conseiller du président.

A l'annonce de cette attaque, Hamid Karzaï a annulé son déplacement à l'Assemblée générale de l'Onu et ordonné à son avion de faire demi-tour pour rentrer en Afghanistan.

"Le président est profondément attristé par l'annonce de la mort du professeur Burhanuddin Rabbani, il a annulé son voyage aux Etats-Unis et sera de retour sous peu en Afghanistan", a dit son porte-parole, Hamed Elmi.

La résidence de Burhanuddin Rabbani se trouve dans le quartier diplomatique, enclave très surveillée parfois appelée "zone verte" comme celle de Bagdad. Elle avait été attaquée la semaine dernière par des insurgés qui ont résisté pendant vingt heures aux forces de l'ordre.

PROCHE D'AHMAD SHAH MASSOUD

Selon un porte-parole du chef de la police de Kaboul, Burhanuddin Rabbani a "probablement" été victime d'un attentat suicide.

L'ancien président, au pouvoir de 1992 à 1996 lorsque les chefs de guerre se disputaient l'Afghanistan au terme de l'occupation soviétique, était le fondateur du Jamiat e Islami, dont Ahmad Shah Massoud dirigeait l'aile militaire.

A la tête du Conseil pour la paix, il était chargé de mettre en oeuvre le processus de réconciliation qui propose notamment une amnistie aux taliban repentis.

"C'est un rude coup porté au processus de paix et une immense perte pour l'Afghanistan", a déploré Sadiqa Balkhi, membre du Conseil. "Le professeur Rabbani était un guide spirituel influent qui parvenait à associer les taliban au processus de paix".

Cinq policiers et onze civils, dont plusieurs enfants, ont trouvé la mort mardi dernier dans l'attaque du quartier diplomatique. Imputée au réseau Haqqani, cette opération sans précédent en termes de complexité, de durée et d'audace a relancé le débat sur les capacités des forces afghanes à prendre la relève des troupes étrangères, dont le rapatriement doit être achevé fin 2014.

Certains Kaboulis craignent qu'elle ne traduise une nouvelle orientation stratégique des taliban après les attentats suicides de juin et d'août à l'hôtel Intercontinental et au centre culturel britannique. Les deux actes ont également été imputés au réseau Haqqani, mouvement allié à la milice islamiste établi le long de la frontière pakistano-afghane.

Mirwais Harooni; Bertrand Boucey et Jean-Philippe Lefief pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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