Le Parlement européen a voté l’interdiction de l’huile de palme dans les biocarburants. Cette huile dont la production est responsable d’une déforestation massive en Asie du Sud-est, on la retrouve plus souvent dans nos moteurs que dans nos assiettes.

Pour fabriquer l'huile de palme, on sacrifie des forêts et leurs habitants.
Pour fabriquer l'huile de palme, on sacrifie des forêts et leurs habitants. © AFP / BAY ISMOYO

Le vote du Parlement européen pour l'interdiction de l'huile de palme dans les bio-carburants est une bonne nouvelle pour les associations environnementales. Elles estiment que les Parlementaires marquent ainsi leurs souhaits de ne pas comptabiliser l'huile de palme comme énergie renouvelables après 2020. 

L'an dernier, alors que les états membres avaient refusé de s’exprimer sur cette question de l'huile de palme, la France par le biais de Nicolas Hulot, avait clairement demandé à ce que l'huile de palme soit interdite. 

Selon l'association, le gouvernement français a rétro-pédalé en décembre sous la pression de l'Indonésie et de la Malaisie (producteurs à 90% de l'huile de palme mondiale) qui a, toujours selon l'association les Amis de la terre, fait pression sur la France avec qui ces pays ont des contrats d'armements d'achat d’Airbus.

En revanche, le Parlement européen n'a pas changé de position. "Il n'a pas cédé aux sirènes des lobbies", pour Sylvain Angerand, coordinateur des campagnes à l'association les Amis de la terre.

Total parti prenante dans cette affaire 

Total est aussi partie prenante dans cette affaire. L'entreprise construit une immense bio-raffinerie dans le sud de la France "avec plus de 500 000 tonnes d'huile de palme qui y seraient exploitées", toujours selon les Amis de la Terre. Total souhaite en effet recycler sa raffinerie « traditionnelle » qui se trouve aux bords de l’étang de Berre à La Mède dans les Bouches-du-Rhône. Ce lieu n’est plus exploité depuis fin 2016. Le géant pétrolier souhaite en faire une bio-raffinerie et pour parvenir à cette reconversion du site, Total devrait investir 275 millions d'euros.

Depuis plus d'un an, Total demande au gouvernement l'obtention des autorisations afin d'ouvrir cette usine de bio-raffinerie de Lamed à base d'huile de palme, qui est l'huile la moins coûteuse. Si l’usine obtient les autorisations d'exploitation, La Mède pourra produire 650.000 tonnes de "biocarburants" par an en utilisant de l’huile de palme.  

L'utilisation d'huile de palme pour les carburants est récente. Mais aujourd’hui, elle constitue 75 % de notre consommation nationale d'huile de palme.

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