Une équipe de 500 scientifiques a analysé la manière dont le carbone est stocké, émis et réabsorbé par des processus naturels et par l'activité humaine. Son résultat est sans appel : les volcans, parfois accusés de participer largement à l'émission de gaz à effet de serre, ont un impact dérisoire comparé au nôtre.

Le mont Ulawun, en Papouasie Nouvelle-Guinée, en éruption le 1er octobre 2019
Le mont Ulawun, en Papouasie Nouvelle-Guinée, en éruption le 1er octobre 2019 © AFP / COURTESY OF CHRISTOPHER LAGISA

Encore un argument des climato-sceptiques qui part en fumée. Oui, les volcans émettent bien de très grandes quantités de CO2 (logique, puisque la quasi totalité du carbone terrestre se trouve sous terre, au niveau de la croûte terrestre, du manteau et du noyau). Mais ces quantités sont en fait dérisoires par rapport à ce qu'émet l'ensemble de l'activité humaine.

"Les climato-sceptiques se jettent sur les volcans en les considérant comme possible plus gros émetteur de CO2, mais ce n'est tout simplement pas le cas", explique Marie Edmonds, vulcanologue au Queen's College de Cambridge. D'après les mesures du Deep Carbon Observatory (DCO), l'équipe à l'origine de cette étude menée sur 10 ans, l'ensemble des volcans de la planète émet de 0,3 à 0,4 gigatonne de CO2 chaque année, quand l'activité humaine en a émis 37 gigatonnes rien qu'en 2018.

Extinction de masse et auto-régulation de la planète

Des quantités incomparables, selon les 500 chercheurs, qui en revanche font un rapprochement bien plus inquiétant. Si l'on devait mettre en parallèle les émissions d'origine humaine de CO2 avec une autre source, ce serait avec certaines des plus grandes catastrophes planétaires jamais connues. Comme, par exemple, l'impact avec la météorite qui a provoqué l'extinction des dinosaures.

Ces "10 à 12 dernières années", l'humanité a ainsi produit des niveaux de CO2 équivalents à ceux connus par la Terre il y a 66 millions d'années (le choc avait engendré une émission massive de CO2, entre 425 et 1.400 gigatonnes au total). Plus clairement, nos émissions depuis dix ans sont de même ampleur que celles de chocs du cycle de carbone à l'origine des extinctions de masse.

Quant à l'idée que la Terre a une large capacité d'auto-régulation, qui lui permettra quoi qu'il arrive de retrouver à terme des niveaux de carbone plus équilibrés... Elle est tout à fait vraie, selon les chercheurs. Toutefois, il faut s'armer de patience : le processus prend plusieurs centaines de milliers d'années.

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