Des milliers de partisans de Mohamed Morsi ont de nouveau manifesté dimanche au Caire devant la caserne où serait détenu le président islamiste déposé il y a quatre jours par l'armée égyptienne.

Rassemblée devant la caserne de la Garde républicaine, là-même où trois manifestants avaient été tués vendredi, la foule a crié "Morsi, Morsi !" et "Allah est grand !" devant les forces de sécurité déployées derrière un réseau de fils de fer barbelés.

Les Frères musulmans avaient appelé à de nouvelles manifestations ce dimanche mais la mobilisation semble n'avoir pas été très forte, très inférieure en tout cas à celle de vendredi dernier, quand les affrontements se sont soldés par une trentaine de morts et 1.400 blessés.

Sur la place Tahrir hier soir, les opposants à Mohamed Morsi ont, eux aussi, une nouvelle fois manifesté.__

Sébastien Baer a suivi cette nouvelle manif qui ressemblait à beaucoup d'autres

Une région cible d'attaques

Dans le nord du Sinaï, des hommes armés ont attaqué dimanche matin quatre points de contrôle des forces de sécurité à Cheikh Zoueïd, non loin des frontières de la bande de Gaza et d'Israël.

Les assaillants arrivés à bord de camions pick-up ont ouvert le feu sur les militaires, sans faire de victimes, a-t-on précisé de sources proches des services de sécurité.

Par ailleurs, le gazoduc qui relie l'Egypte à la Jordanie à travers le Sinaï a une nouvelle fois été endommagé par une explosion.

Samedi, un prêtre copte a été tué à El Arich, toujours dans le nord du Sinaï. La veille, cinq policiers avaient été tués par balles au cours de plusieurs attaques dans cette ville.

Les coptes qui craignent cette montée de violence, Vanessa Descouraux

Le problème ElBaradei

Le processus de transition lancé par les militaires a connu samedi son premier accroc avec l'annonce puis le démenti de la nomination de Mohamed ElBaradeï comme Premier ministre, ce que refusent les salafistes du parti Al Nour, partie prenante à ce processus.

Le porte-parole du président intérimaire Ali Mansour a tendu la main aux Frères musulmans en annonçant que ceux-ci seraient autorisés à participer aux prochaines élections, y compris au scrutin présidentiel.

Les tractations avec les différentes forces politiques impliquées dans ce processus ont cependant buté sur la nomination au poste de Premier ministre de Mohamed ElBaradeï, annoncée dans un premier temps comme acquise par les médias officiels et des responsables égyptiens.

Le parti salafiste Al Nour, arrivé deuxième des dernières élections législatives, derrière les Frères musulmans, s'est en effet opposé avec vigueur au choix du prix Nobel de la paix 2005, favori des libéraux et de la jeunesse révolutionnaire.

Inquiétudes internationales

Les Etats-Unis et l'Union européenne ont exprimé leur inquiétude après la destitution de Mohamed Morsi mais se sont gardés de condamner un "coup d'Etat" de l'armée.

Le président russe Vladimir Poutine a estimé dimanche que l'Egypte risquait de sombrer dans la guerre civile. "La Syrie est déjà en proie à la guerre civile et l'Egypte prend le même chemin", a dit Poutine, cité par l'agence de presse RIA Novosti lors d'un déplacement à Astana, capitale du Kazakhstan.

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