Des tweets guerriers, des menaces et des sanctions avant de finalement discuter ? Avec l'Iran, le président américain semble répéter sa stratégie nord-coréenne. Pour l'instant, cela ne fonctionne pas.

Donald Trump fait la une d'un quotidien iranien, le 31 juillet 2018, après s'être dit prêt à rencontrer les dirigeants du pays.
Donald Trump fait la une d'un quotidien iranien, le 31 juillet 2018, après s'être dit prêt à rencontrer les dirigeants du pays. © Maxppp / Atta Kenare

Le 30 juillet dernier, Donald Trump surprenait le monde entier en se disant prêt à rencontrer les dirigeants iraniens "quand ils veulent". Une main tendue d'autant plus inespérée qu'à peine une semaine auparavant, cette même main tweetait en majuscule : "Ne menacez plus jamais les États-Unis ou vous allez subir des conséquences que peu de Nations ont connu au cours de l'Histoire". Le président américain répondait alors à son homologue iranien, Hassan Rohani, qui prévenait qu'un conflit avec l'Iran serait "la mère de toutes les guerres".

En quelques jours donc, le ton a radicalement changé du côté de la Maison Blanche. Donald Trump pense désormais qu'une rencontre avec le président Rohani serait "bonne pour eux, bonne pour nous, bonne pour le monde entier", surtout "si nous pouvons trouver une solution sérieuse, pas un gâchis de papier comme l'autre accord" (accord sur le nucléaire, cf. bas de page).

"L'Iran n'est pas la Corée du Nord"

Mais du côté de Téhéran, l'heure n'est pas à la discussion. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif a balayé d'un revers de main les déclarations du président américain prévenant que "les menaces, sanctions et effets d'annonce" ne fonctionneraient pas.

Les Gardiens de la révolution, l'armée d'élite du régime iranien, vont dans le même sens en affirmant dans une lettre ouverte que "le peuple iranien n'autorise pas ses dirigeants à rencontrer le Grand Satan (...) Monsieur Trump, l'Iran n'est pas la Corée du Nord". Une analogie également faite par le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, qui estime que Donald Trump "refait le coup de Kim Jong-un", en référence à la récente rencontre historique entre les deux dirigeants au terme d'une escalade verbale sans précédent.

À quatre jours de l'entrée en vigueur des premières sanctions américaines, le 6 août, et malgré la chute vertigineuse de la valeur de sa monnaie, l'Iran ne semble donc pas disposé à se rapprocher de son ennemi juré, avec lequel les relations diplomatiques sont rompues depuis 1980.  

Les États-Unis veulent un nouvel accord

Ce regain des tensions entre Téhéran et Washington est la conséquence directe de la décision de Donald Trump, le 8 mai dernier, de se retirer de l'accord de Vienne passé avec les grandes nations. Avec ce texte, l'Iran acceptait de brider son programme nucléaire et s'engageait à ne jamais chercher à obtenir la bombe atomique, en échange de la levée d'une partie des sanctions internationales, qui seront donc finalement rétablies et alourdies par les États-Unis. Dès sa campagne présidentielle, Donald Trump critiquait l'accord nucléaire conclu par son prédécesseur Barack Obama. "Horrible", "partial" et de "mauvaise foi", il ne permettait pas selon lui d'empêcher réellement "un régime qui scande 'Mort à l'Amérique' d'obtenir l'arme la plus meurtrière sur Terre".

Depuis, le président américain a dit vouloir obtenir, grâce à sa stratégie de "pression maximale", un nouvel accord qui irait au-delà de la limitation du programme nucléaire de Téhéran et permettrait de limiter son influence régionale et son programme balistique.

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