Principal pays du Moyen-Orient touché par la pandémie, l’Iran a décidé d’imposer le port du masque obligatoire. Le coronavirus Covid-19 a déjà fait plus de 27 000 morts dans le pays, et le rythme des contaminations dépasse la barre des 4 000 nouveaux cas par jour.

Iraniens portant le masque le 4 octobre 2020, dans les rues de Téhéran
Iraniens portant le masque le 4 octobre 2020, dans les rues de Téhéran © Maxppp / ABEDIN TAHERKENAREH/EPA/Newscom

Les derniers bilans sanitaires des autorités iraniennes sont alarmants. À tel point que dans la République islamique, on commence à évoquer l'arrivée d’une troisième vague de la pandémie de Covid-19. Le rythme des contaminations dépasse désormais la barre des 4 000 nouveaux cas quotidiens.

La mortalité due à la maladie vient d’atteindre un nouveau record avec 239 décès supplémentaires en 24 heures. Au total, la pandémie a déjà fait 27 658 morts sur 483 844 personnes contaminées, selon les chiffres officiels des autorités que certains jugent sous-évalués.

L'Iran, pays le plus touché du Moyen-Orient

L’Iran, qui a annoncé ses premiers cas de virus en février, est de loin le pays le plus touché du Moyen-Orient. Les premières infections apparues dans le pays seraient liées, entre autres, à la présence d’étudiants chinois dans les séminaires religieux de Qom, qui ont pu ramener le virus de Chine.

Devant l’aggravation de la situation sanitaire, les autorités iraniennes ont décidé d’imposer le port du masque obligatoire à Téhéran. "80% des habitants de la capitale en portent déjà un", constate Abdolfaz, un entrepreneur local. "Il y a beaucoup d’embouteillages parce que les gens préfèrent utiliser leur voiture plutôt que de prendre les transports en commun."

Les écoles sont fermées, mais aussi les salons de coiffure. Les cours dans les universités se font en visioconférence. "Si la courbe de l’épidémie avait diminué, elle remonte aujourd’hui à cause des cérémonies religieuses où les gens se rassemblent", explique Mehdi, un homme d’affaires. "Beaucoup sont aussi inconscients et continuent de voyager. Ces derniers week-ends, les routes du Nord, vers la mer Caspienne, étaient complètement embouteillées !"

Les hôpitaux saturés à Téhéran

Dans Téhéran, on trouve facilement des masques et du gel, qui sont produits localement à des prix bon marché. Un lot de 50 masques coûte environ 5 euros et une bouteille de gel environ 1 euro.

Mais les hôpitaux de la capitale sont saturés et les lits disponibles deviennent rares. Trouver mais surtout pouvoir se payer des médicaments, devient très compliqué. "Il faut faire le tour des pharmacies de Téhéran", se lamente Abdolfaz.

Car si l’Iran souffre de l’épidémie de Covid, le pays est aussi asphyxié par les sanctions économiques imposées par les États-Unis, qui ont fait exploser les prix et généré un marché noir. "On trouve tout mais à des prix exorbitants", constate Mehdi. "On peut acheter plus facilement des pièces de rechange pour les voitures françaises qu’à Paris !"

Les importations ne proviennent plus de Dubaï mais de la Turquie, de l’Irak et des zones kurdes. "Le cours du dollar est arrivé à 310 000 riyals", se lamente Abdolfaz. "C’est du jamais vu. Il y a six mois, j’ai acheté une voiture Mitsubishi. Depuis, son prix a été multiplié par quatre !"

L'inflation a mis les Iraniens à genou

L’inflation galopante mine le quotidien des Iraniens autant que l’épidémie. Ils redoutent surtout la réélection de Donald Trump, qui serait pour eux synonyme de poursuite des sanctions, et d’une dégradation accélérée de leurs conditions de vie.

"Dès que Trump a été hospitalisé, le cours du riyal est remonté par rapport au dollar", rapporte Abdolfaz. "Dès qu’il est sorti de l’hôpital, son cours a immédiatement baissé. Tout le monde espère que Joe Biden sera élu."

Un deuxième mandat de Donald Trump serait vécu comme une nouvelle malédiction par les Iraniens qui, dans ce cas, s’attendent au pire.