Le Président américain menace de dénoncer l'accord sur le nucléaire iranien signé en 2015. Alors que le président français rend visite à Donald Trump, ce dernier en profite pour rappeler qu'il rejette cet accord. Rappel sur son contenu et sur les motivations de Trump.

Pendant sa campagne, Donald Trump avait promis qu'il déchirerait l'accord de 2015 signé entre l'Iran et 6 grandes puissances occidentales sur le nucléaire.
Pendant sa campagne, Donald Trump avait promis qu'il déchirerait l'accord de 2015 signé entre l'Iran et 6 grandes puissances occidentales sur le nucléaire. © AFP / Samuel Corum

Qu'est-ce que cet accord ? 

Il a été signé le 15 juillet 2015 entre l’Iran et les six grandes puissances occidentales (cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU et l'Allemagne). Téhéran peut développer le nucléaire civil à condition de renoncer à la bombe nucléaire et par ailleurs, cet accord prévoit également la visite régulière sur le sol iranien d'agents de l'AIEA (l’agence internationale pour l’énergie atomique). Depuis la signature de cet accord, l'AIEA s'est rendu plusieurs fois par an en Iran et a systématiquement assuré que Téhéran respectait les termes de l'accord.  

L’Iran semble avoir respecté sa part du contrat. Les Etats-Unis, en revanche, ne le respectent pas puisque les sanctions économiques qui devaient être levées après la signature de cet accord, ne le sont toujours pas. 

L'Iran qui nourri des ambitions nucléaires depuis les années 60 (et c’est d’ailleurs la France qui lui a vendu sa première installation nucléaire) peut poursuivre et développer ses installations nucléaires civiles qui sont d'ailleurs autorisées dans tous les pays. 

En 2015, et après des mois de négociations, cet accord est une véritable victoire pour Barack Obama. L'administration américaine pense ainsi permettre de stabiliser l’Iran politiquement et que cette stabilité s'étende à la région, notamment en Syrie et au Liban.

Pourquoi Trump rejette le rejette-t-il ?

Trump menace de remettre en cause l'accord le 12 mai prochain. D'ici là, il exige des autres partenaires signataires de cet accord d'obtenir plus de contrôles et son prolongement au delà de 2025/2030, date à laquelle il doit prendre fin. Si c'est le cas, le vote passerait au congrès américain et la signature apposée au bas de ce document. 

Pour Trump "c’est l’un des pires accords jamais signés par les États-Unis". L'actuel président américain met en place une étape supplémentaire dans le détricotage de ce qu’a fait son prédécesseur, mais il s'inscrit aussi dans une logique d'alliance diplomatique. La possible normalisation des relations entre les Américains et les Iraniens n’était pas pour plaire aux Israéliens. Avec l'arrivée au pouvoir de Donald Trump, les relations entre les États-Unis et Israël sont à nouveau au beau fixe. Mais un troisième pays s'oppose aussi à cet accord, c'est l'Arabie Saoudite. Le royaume des Saoud craint comme ses deux alliés diplomatiques un retour de l’Iran sur la scène internationale. 

Quelles conséquences pour l'Iran ?

L'Iran est dans une situation économique catastrophique. Toujours bloqué par les sanctions internationales, le pays se développe mais on est loin des promesses de Rohani, à savoir un retour du pays sur la scène économique et financière mondiale. 

Cependant, l’Iran est un vaste marché économique puisque le pays compte 80 millions d'habitants. Téhéran a su malgré sa situation, s'ouvrir à d'autres partenaires que l'Occident. Le pays a développé des échanges commerciaux et énergétiques avec l’Inde et la Chine. 

Les autres pays signataires de l'accord avec l'Iran en 2015 ont tenté d'intervenir pour faire en sorte que Trump ne revienne pas un traité par lequel l'Iran a renoncé à l'arme atomique. Une mission impossible, semble-t-il, pour Emmanuel Macron en visite aux États-Unis, qui a entendu son homologue américain lui répéter "c'est un accord horrible, un désastre...".  

Le président français a rappelé que l'objectif commun était "d'éviter une escalade et une prolifération nucléaire dans la région". "La question est de savoir quel est le meilleur chemin", a-t-il dit.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.