L'Italie se dit débordée par les arrivées de migrants et demande l'aide des Européens. Les ministres de l'Intérieur italien, français et allemand se sont rencontrés ce dimanche.

Des centaines de migrants, secourus par des gardes-côtes, arrivent à Palerme en Italie.
Des centaines de migrants, secourus par des gardes-côtes, arrivent à Palerme en Italie. © Maxppp / Alessandro Annunziata/Wostok Press

"Renforcer le soutien aux gardes-côtes libyens" et "endiguer le flux" de migrants qui arrivent en Italie, c’est l’objectif des ministres de l’Intérieur italien, français et allemand, après la réunion de ce dimanche soir à Paris. Ils veulent proposer aux 28 États membres de l’Union Européenne un "code de conduite pour les ONG venant au secours des migrants en Méditerranée". L’Italie demande plus de solidarité aux autres pays européens, et souhaite que des ports d’autres pays accueillent des bateaux ayant secourus des migrants en mer.

L’Italie se dit débordée par les arrivées de migrants et de réfugiés

Selon l’UNHCR, l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés, 83 650 personnes ont déjà rejoint l’Italie par la mer depuis le début de l’année, soit une augmentation de près de 20% par rapport à l’année dernière à la même période. Ce sont des personnes en provenance de Libye pour la plupart. Les migrants sont ensuite hébergés dans des centres d'accueil dont la capacité est saturée.

En trois ans, le pays a accueilli plus de 500 000 migrants. Près de 200 000 places d’hébergement sont disponibles à travers le pays, insuffisant pour faire face à la demande.

L’échec du plan de relocalisation

L’Union Européenne s’était engagée en septembre 2015 à répartir l’effort d’accueil des migrants entre les différents pays. Ainsi, 160 000 migrants arrivés en Grèce et en Italie devaient être transférés en deux ans dans le reste de l’Union, en application du plan de relocalisation des migrants. Ils ne sont que 13 500 à l’avoir été, dont 2 100 en France. La France s’était pourtant engagée à accueillir 24 000 migrants.

De ce point de vue, la France et l'Allemagne se sont engagées ce dimanche soir à renforcer leurs efforts. Mais certains pays refusent d’accueillir des migrants. C’est le cas de la Hongrie, l’Autriche et la Pologne, menacés de sanctions par l’Europe. D’autres comme la République Tchèque, la Bulgarie, la Croatie et la Slovaquie traînent des pieds, "et n’y prennent part que dans une mesure très limitée" explique la Commission européenne.

L’Allemagne, championne d’Europe des demandes d’asile

Cependant, si les migrants débarquent principalement en Italie, ils ne souhaitent pas tous y rester à long terme. Le pays n’est pas le plus sollicité pour les demandes d’asile. Les pays de l’OCDE ont enregistré plus de 1.5 million de nouvelles demandes d’asile en 2016, comme en 2015, dont deux tiers ont été déposées dans des pays européens.

Ainsi, pour la quatrième année consécutive, l'Allemagne a été le pays le plus sollicité, avec 675.000 premières demandes d'asile. Suivent l'Italie (120.000 demandes), la France et la Turquie (un peu moins de 80.000 demandes). La Turquie accorde en plus, à elle seule, une protection temporaire à 3 millions de Syriens, souligne l’OCDE dans son rapport annuel sur les migrations publié jeudi.

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