La liste des États ou institutions en froid avec le gouvernement italien s'agrandit. Cette fois, c'est le CIO (comité international Olympique) qui menace Rome de ne pas participer aux JO, suite à la présentation d'un projet de loi problématique.

Si aucun accord n'ait trouvé entre le CIO et Rome, la délégation italienne défilera sous bannière olympique, contrairement au défilé lors des JO de 2016 à Rio.
Si aucun accord n'ait trouvé entre le CIO et Rome, la délégation italienne défilera sous bannière olympique, contrairement au défilé lors des JO de 2016 à Rio. © AFP / FRANCK FIFE

Faut-il envisager les Jeux Olympiques de Tokyo l'été prochain sans délégation italienne ? C'est la menace que laisse planer le Comité International Olympique. En cause : un projet de loi qui fait craindre une ingérence gouvernementale dans le comité olympique italien (CONI). 

Le CIO, basé à Lausanne, a fait part de ses inquiétudes, dans un courrier que le "Corriere della Sera" a reproduit.

Le CIO a donc écrit au CONI
Le CIO a donc écrit au CONI © Radio France / Corriere della sera

L'indépendance du sport olympique italien en cause 

Dans ce projet de loi, il est question de redéfinir le périmètre du CONI. En Italie, le comité a des prérogatives plus larges que son homologue français. Il fait office de "quasi" ministère des sports. 

Or, avec cette réforme telle que le gouvernement d'extrême droite la conçoit, cette institution ne serait qu'un organe de préparation des athlètes pour les échéances olympiques. Le vaste périmètres des autres sujets sportifs incomberait à une nouvelle instance qui reste à créer. 

Pour le CIO, il s'agit d'un risque grave d'ingérence gouvernementale. Alors que la charte olympique est très claire : elle exige l'indépendance des comités nationaux vis à vis du pouvoir politique. 

Ce projet de loi est porté par Giancarlo Giorgetti, secrétaire d'état chargé des sports, mais surtout bras droit de Matteo Salvini, chef de la ligue du Nord et homme fort du gouvernement. 

Les voix qui soutiennent ce projet rejettent la lettre du CIO d'un revers de main. "Les lettres ne nous arrêteront pas" tranche le président de la Ligue du Nord au Sénat, dans un style tout salvinien.

À défaut d'avoir été pris au sérieux avec cette première de menace, le CIO a obtenu un rendez-vous avec le président du CONI, pour tenter de régler ce différend. Si les discussions devaient capoter, au JO de Tokyo de 2020 les athlètes italiens devraient défiler sous la bannière olympique, et non avec les couleurs du drapeau italien. 

Ce défilé lors de la cérémonie d'ouverture au goût amer serait une première pour une nation européenne. L'Inde avait subi une telle sanction pour les JO d'Hiver en 2014 à Sotchi. Même punition pour le Panama en 2007, et l'Irak en 2008. 

Pour l'Italie, l'attitude bravache du gouvernement pourrait mener à la perte des JO hivernaux de 2026, attribués à Milan-Cortina d'Ampezzo il y a deux mois seulement. 

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