Le deux vice-Premier ministre italiens ont confirmé vendredi l'intention de Rome de réduire la contribution de l'Italie au budget de l'Union européenne, faute d'accord à Bruxelles sur le sort de migrants bloqués sur un navire italien.

Cent cinquante migrants sont bloqués depuis plus d'une semaine à bord du Diciotti amarré au port de Catane
Cent cinquante migrants sont bloqués depuis plus d'une semaine à bord du Diciotti amarré au port de Catane © AFP / Giovanni ISOLINO

Après les menaces de Matteo Salvini, voilà les intimidations de l'autre vice-Premier ministre Luigi di Maio. 

Il faut dire qu'une ligne dure vis à vis de l'Union européenne est autant dans l'ADN de la Ligue, que du Mouvement 5 étoiles et que les deux partis au pouvoir semblent faire un concours à celui qui tapera le plus fort du point sur la table. Et jusqu'ici c'était Salvini qui avait gagné, notamment grâce à ses déclarations anti-européennes au moment de la catastrophe de Gênes.

Cette nouvelle affaire de "répartition des migrants" est une occasion de donner de la voix pour les deux hommes. Ceux qui font les frais de ce bras de fer entre l'Italie et les autres pays de l'UE ce sont les cent cinquante personnes bloqués depuis plus d'une semaine à bord du Diciotti, un navire des garde-côtes italiens. 

La réunion de Bruxelles entre les représentants de dix États membres de l'Union européenne s'est terminée sans aucun résultat tangible. Selon les participants, les représentants italiens voulaient parler des migrants du Diciotti. Les autres voulaient plutôt rechercher des solutions structurelles pour les navires de Méditerranée.

L'Europe a perdu l'occasion de montrer par des actes concrets sa promesse d'aider l'Italie qui fait face seule à la crise migratoire" Giuseppe Conte, le chef du gouvernement italien

Il faut dire que même si le nombre des arrivées a diminué de plus de 80% à fin juin par rapport à l'an dernier, depuis 2014 ce sont 1 700 000 migrants qui ont débarqué sur les côtes italiennes alors que l'Europe restait globalement indifférente aux importantes difficultés de Rome.  "Personne ne débarquera en Italie sans mon autorisation ne cesse d'affirmer Matteo Salvini. L'Italie ne sera plus le camp de réfugiés de l'Europe."

En juillet, 450 migrants étaient restés trois jours à bord du même Diciotti, jusqu'à ce que l'Italie accepte leur arrivée après avoir obtenu que d'autres États européens en accueillent une partie. 

Après avoir Twitté le 14 août, en pleine catastrophe de Gênes, sa joie de ne pas avoir à accueillir de migrants, Matteo Salvini, avait finalement dû accepter de faire partie d'une des "répartition". Cette fois, Rome veut montrer que le gouvernement ne va pas céder.

Luigi Di Maio fait monter la pression d'un cran

"Aujourd'hui l'Union européenne a décidé de tourner le dos à l'Italie encore une fois", a écrit vendredi soir Luigi Di Maio sur sa page Facebook, "Ils ont décidé de s'en foutre des principes de solidarité et de responsabilité", ajoutant que son pays n'avait alors pas d'autre choix que de "prendre de manière unilatérale, une mesure compensatrice". "Nous sommes prêts à réduire les fonds que nous donnons à l'Union européenne", a-t-il ajouté, soulignant que l'Italie n'accepterait plus d'être "humiliée".

Selon les chiffres de la Commission européenne, en 2016 l'Italie a contribué au budget à hauteur de près de 14 milliards d'euros, et reçu 11,6 milliards au travers de différents programmes européens.

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