Déjà fragilisée par la révélation d’un scandale sexuel impliquant des responsables de l'ONG britannique en Haïti en 2011, Oxfam fait face à de nouvelles accusations. Une ancienne cadre a rapporté plusieurs cas d’agressions sexuelles et de viol, et évoque une "culture de l’abus sexuel dans certains bureaux".

Une ancienne cadre de l'ONG britannique dénonce une "culture de l'abus sexuel" chez Oxfam.
Une ancienne cadre de l'ONG britannique dénonce une "culture de l'abus sexuel" chez Oxfam. © AFP / Benjamin Furst / Hans Lucas

Le scandale portant sur des agressions sexuelles et des viols au sein de l’ONG britannique Oxfam a pris une nouvelle dimension ce mardi. Le Times a déjà révélé, vendredi, que des humanitaires avaient eu recours à des prostituées alors qu’ils étaient en mission à Haïti après le tremblement de terre de janvier 2010. Désormais, une ancienne cadre de l’ONG rapporte que plusieurs employés ont été victimes de viols ou de tentatives de viol par un collègue. Elle cite également le cas d’un ancien humanitaire, accusé d’avoir forcé une femme à des relations sexuelles en échange de secours. 

Des "comportements inappropriés" d'adultes sur des mineurs

Selon une enquête interne, sur 120 membres de l’organisation répartis dans trois pays, donc le Soudan du Sud, entre 11 et 14% d’entre eux ont été témoins ou victimes d’un viol ou d’une tentative de viol par un collègue, ou victimes d’une agression sexuelle, entre 2013 et 2014. Au Soudan du Sud, 7% des membres du personnel, soit quatre personnes, ont confié avoir été témoin ou victime d’un viol ou d’une tentative de viol. 

Selon Channel 4, cinq cas de "comportements inappropriés" par des adultes sur des mineurs ont été relevés par Oxfam en 2012 et 2013, et sept l'année suivante. Dans un autre cas, une agression d'un mineur par un adulte commise dans un magasin a donné lieu à des poursuites, révèle Helen Evans.

Une "culture de l'abus sexuel"

Helen Evans dénonce une "culture de l’abus sexuel au sein de certains bureaux" d’Oxfam. Pire, elle affirme dans un entretien à la chaîne télévisée britannique Channel 4 que ces accusations de viol et d’agressions sexuelles ont été ignorées par l’ONG. "Cela concerne les agissements de salariés sur d’autres salariés, nous n’avions pas encore enquêté sur les bénéficiaires de nos programmes", a expliqué l’ancienne cadre.

La directrice adjointe de l'ONG, Penny Lawrence, a démissionné ce lundi, admettant n'avoir pas réagi comme il l'aurait fallu après les inquiétudes soulevées par le comportement du personnel humanitaire au Tchad et en Haïti. La secrétaire d'État britannique au développement international, Penny Mordaunt, a menacé de cesser la contribution financière du gouvernement à l'organisation, d'un montant annuel de 32 millions de livres par an, soit 36 millions d'euros.

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