Après l'intervention des forces françaises au Mali en janvier 2013, il s'agit pour la France d'éviter que des groupes djihadistes ne se reconstituent

Il y a deux ans, la France lançait l'opération Barkhane au Sahel.
Il y a deux ans, la France lançait l'opération Barkhane au Sahel. © Reuters / Joe Penney

Il y a très exactement deux ans, la France lançait l'opération Barkhane au Sahel. 3.500 soldats, déployés sur cinq pays : le Mali, le Niger, la Mauritanie, le Burkina Faso et le Tchad, dans le cadre du dispositif qui a pris le 1er août 2014 le relais de l'opération Serval, lancée en janvier 2013. Après l'intervention des forces françaises au Mali en janvier 2013, il s'agit d'éviter que des groupes djihadistes ne se reconstituent, entre la Libye et l'océan atlantique.

Barkhane, une opération de renseignement et de contre-terrorisme, menée en coopération avec les armées locales, a permis de mettre "hors de combat" plus de 200 "terroristes" , selon l'état-major des armées françaises. En deux ans, plus de 800 opérations et patrouilles ont été conduites sur l'ensemble de la zone et 16 tonnes d'armes ont été saisies ou détruites.

Les djihadistes ont été repoussé dans le nord du Mali où ils n'affrontent plus directement les forces françaises et internationales. Pourtant, ils continuent de faire régner un climat d'insécurité au Mali.

Ecoutez le reportage d'Anthony Fouchard à Gao

La porosité des frontières complique l'opération Barkhan

Si l'opération Serval a permis de chasser en grande partie les groupes armés qui menaçaient à l'époque la capitale Bamako, ces derniers conservent toujours "un pouvoir de nuisance" et ont multiplié ces derniers mois les attaques à l'engin explosif contre les forces locales et internationales. Les djihadistes ont bien compris l’intérêt de se faire discrets et multiplient plutôt les coups d’éclats avec des attaques suicides et la pose de mines au bord des routes. La porosité des frontières au nord du pays permet les va-et-vient des chefs djihadistes, et dans ces zones, ni l’ONU, ni Barkhane ne peuvent intervenir.

Au-delà du Mali, l'Afrique de l'Ouest est secouée depuis un an par une série d'attentats qui menacent de déstabiliser une région déjà ébranlée par le groupe islamiste Boko Haram et le vide sécuritaire en Libye.

L'armée française estime toutefois que son intervention porte ses fruits et qu'il faut donner du temps au temps pour stabiliser définitivement le pays.  Une opération dont l'ancien colonel et expert militaire Michel Goya dresse un bilan mitigé.

Tous les deux jours on élimine un combattant djihadiste ce qui évite la reconstitution de bases djihadistes mais ça n’empêche pas les actions de ces groupes et les attentats…

Au total, 17 militaires français ont perdu la vie dans la région, sept dans le cadre de l'opération Barkhane et dix au cours de Serval.

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