Le lieu, sur un pont sur la Moskova, où Boris Nemtsov a été abattu vendredi soir
Le lieu, sur un pont sur la Moskova, où Boris Nemtsov a été abattu vendredi soir © REUTERS/Maxim Shemetov

Il s'opposait à Poutine, à l l'implication de Moscou dans le conflit ukrainien, à la corruption. il a été tué de quatre balles dans le dos vendredi soir, dans le centre de Moscou, à quelques mètres du Kremlin et à la veille d'une grande manifestation de l'opposition.

Boris Nemstov a été pris pour cible alors qu'il traversait un pont sur la Moskova en compagnie d'une jeune femme Ukrainienne qui n'a pas été blessée. Le tueur se trouvait à bord d'une voiture blanche. Il est parvenu à prendre la fuite. Un assassinat "minutieusement planifié", selon les enquêteurs russes.

Boris Nemtsov, qui était âgé de 55 ans, avait été premier vice-Premier ministre du président Boris Eltsine à la fin des années 90 pendant un an et demi. Après l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine en 2000, il était devenu l'un des principaux opposants au Kremlin.

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Nemtsov devait participer dimanche à Moscou à une grande manifestation de l'opposition

A la fin des années 1990, Nemtsov avait été brièvement vice-Premier ministre sous la présidence de Boris Eltsine, poste qui lui avait valu sa réputation de réformateur libéral. Il avait été ensuite à la tête des mouvements de protestation sans précédent de l'hiver 2011-2012.

Impliqué dans la lutte contre la corruption, il avait notamment dénoncé le coût pharaonique des Jeux olympiques d'hiver de Sotchi et dressé la liste de nombreux bâtiments publics, hélicoptères et avions mis à la disposition de Vladimir Poutine.

Selon la presse, Boris Nemtsov craignait pour sa sécurité en raison de son opposition à l'implication russe en Ukraine, objet de la manifestation de dimanche, qu'il préparait depuis des semaines. Selon certain il travaillait à un rapport sur la présence de forces russes en Ukraine, que le Kremlin nie avec acharnement.

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Les organisateurs de la manifestation prévue dimanche à Moscou ont abandonné leur projet, qui sera remplacé par un rassemblement à la mémoire de Nemtsov, autorisé par le gouvernement.

Poutine s'est empressé de condamner ce meurtre

Le Président a annoncé qu'il superviserait lui-même l'enquête et a évoqué la piste d'un "contrat" ou d'une "provocation".

Pour Garry Kasparov, autre figure de l'opposition, "La question n'est pas de savoir si Poutine a donné l'ordre d'assassiner Boris Nemtsov. C'est la dictature de Poutine, sa propagande permanente sur les ennemis de l'Etat", qui est en cause.Les détracteurs du chef de l'Etat font l'objet de vives pressions depuis le début de son troisième mandat. Plusieurs ont arrêtés après le vaste mouvement de protestation organisé il y a trois ans et d'autres ont choisi l'exil.

Nombreuses réactions internationales

Barack Obama, qui a dénoncé "un meurtre odieux", a invité Moscou à mener "rapidement une enquête impartiale et transparente" et à faire en sorte que "les responsables soient traduits en justice".

"Boris Nemtsov était un défenseur courageux et inlassable de la démocratie et un combattant acharné contre la corruption", dit son homologue français François Hollande dans un communiqué.

Angela Merkel s'est dite "consternée" par un "meurtre lâche". La chancellière allemande enjoint Poutine à faire toute la lumière sur cet assassinat.

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