[scald=215763:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Des députés de l'opposition ont reproché jeudi au ministre délégué aux Anciens combattants, Kader Arif, d'avoir annoncé à tort la libération des sept Français enlevés au Cameroun, y voyant le signe de la confusion régnant au gouvernement.

Kader Arif a interrompu jeudi, à l'Assemblée nationale, le débat sur une proposition de loi de l'UMP pour annoncer, sous les applaudissements, la libération des otages enlevés mardi au Cameroun.

"Je viens d'avoir comme information à confirmer, mais il semble qu'elle est confirmée: nos otages au Cameroun ont été libérés", a-t-il dit.

Le ministre a ensuite repris la parole pour expliquer qu'il s'agissait "d'une information parue par voie de presse." "Il n'y a pas pour le moment de confirmation officielle à ce stade de la libération", a-t-il dit.

Plus tard, le directeur du centre de crise du ministère français des Affaires étrangères a formellement démenti cette information "sans fondement".

Hervé Morin, le président du Nouveau centre, a jugé "ahurissant" qu'un ministre interrompe la séance à l'Assemblée nationale "pour annoncer la libération des otages", y voyant l'expression "du bordel ambiant dans ce gouvernement".

"Il n'est absolument pas dans son rôle (...). Il faut que le Premier ministre mette de l'ordre dans son gouvernement, c'est au moins au ministre des Affaires étrangères de faire une annonce comme celle-ci, probablement même c'est du niveau du Premier ministre", a-t-il dit aux journalistes.

Le président du groupe UMP, Christian Jacob, a parlé pour sa part de "cafouillage" et "d'erreur grave".

"Sur un sujet comme celui-là, il y a une ligne: c'est qu'on vérifie les informations. Tout le monde sait qu'on est sur un sujet extrêmement sensible, qu'il faut toujours prendre le temps d'avoir toutes les confirmations nécessaires de la part du Quai d'Orsay", a-t-il dit dans les couloirs du palais Bourbon.

"Elle est grave parce que tout le monde la vit avec beaucoup d'émotion", a-t-il ajouté.

Le député socialiste Eduardo Rihan-Cypel a répondu aux attaques de l'opposition, déclarant dans les couloirs que "M. Morin n'est plus ministre de la Défense".

"Kader Arif n'a fait qu'évoquer une possibilité, gardé toute la prudence dans cette affaire et il est le premier à dire qu'il faut laisser le gouvernement travailler en toute sérénité", a-t-il dit aux journalistes.

"Si M. Morin a besoin de polémiquer pour exister politiquement, il ferait mieux de se concentrer sur d'autres affaires".

Emile Picy et Gérard Bon, édité par Yves Clarisse

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