Alors que l'attention médiatique est focalisée depuis des semaines sur le sort de la ville kurde syrienne de Kobané, les djihadistes de l'"État islamique" se montrent tout aussi menaçants sur l'autre front de cette guerre, en Irak.

Des témoignages de la société syrienne

D'après des témoignages de la société civile irakienne, l'organisation "État islamique" a infiltré la ville d'Abou Ghraib même s'ils ne la contrôlent pas encore complètement. Dans la grande banlieue de Bagdad, les terroristes sont à moins d'une dizaine de kilomètres de l'aéroport de Bagdad.

La chute de Bagdad reste très hypotéthique

L'organisation "État islamique" s'approche de Bagdad
L'organisation "État islamique" s'approche de Bagdad © Stringer / Stringer

Abou Ghraib pourrait redevenir le cauchemar des autorités américaines. C'est dans la prison de cette ville de la grande banlieue ouest de Bagdad qu'en 2003, des soldats américains s'étaient pris en photo aux côtés de prisonniers irakiens humiliés et mal traités. Aujourd'hui, la ville est sous la menace des djihadistes. Ils sont à une quinzaine de kilomètres de la capitale irakienne.

Si la chute de Bagdad reste très hypotéthique, cette avancée des terroristes s'inscrit dans une logique de conquête de territoire. Ils contrôlent déjà toutes les villes dans un arc de cercle à une vingtaine de kilomètres au nord de la capitale. Avec l'avancée vers Abou Ghraib, c’est désormais l'aéroport de Bagdad qui est sur leur chemin, "ils en sont à moins d'une dizaine de kilomètres" s' inquiète François Heisbourg, conseiller spécial à la Fondation pour la Recherche stratégique.

Avec des moyens anti-aériens, vous pouvez rendre la vie compliquée comme ça avait été le cas du temps de l'occupation américaine en Irak où de temps en temps, les insurgés tentaient de faire des cartons sur des avions à Bagdad. Donc, il y a un vrai défi pour la coalition.

Pour l'instant, la coalition lance peu de frappes sur le sol irakien, moins d'une dizaine d'opérations par jour. Deux raisons : il y a un déficit de renseignement au sol mais surtout parce que les djihadistes sont depuis plusieurs semaines dans les villes, parmi la population. Il est donc impossible de lancer des raids aériens dans ces conditions.

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