La franco-tunisienne Nourane Houas, employée de la Croix-Rouge enlevée au Yemen en décembre 2015, a été libérée lundi soir.

Des employés de la Croix-Rouge à l'aéroport de Sanaa
Des employés de la Croix-Rouge à l'aéroport de Sanaa © AFP / CRÉDITMOHAMMED HAMOUD / ANADOLU AGENCY

Nourane Houas, franco-tunisienne détenue au Yémen depuis dix mois, a été libérée et transférée lundi soir à Mascate, notamment grâce à l'intervention du sultanat d'Oman. C'est d'ailleurs le ministère omanais des Affaires étrangères qui a annoncé avoir réussi, "à la demande des autorités françaises, sur instruction du sultan Qabous et en coordination avec certaines parties yéménites, à retrouver l'otage et à la transférer lundi soir au sultanat en attendant son rapatriement".

Employée de la Croix-Rouge, Nourane Houas avait été enlevée le 1er décembre 2015 à Sanaa, la capitale yéménite, par des hommes armés alors qu'elle se rendait au travail. La ville est sous contrôle des rebelles chiites Houthis, dans ce pays dévasté par la guerre civile depuis 2014. L'ex-otage, citée par l'agence omanaise, a tenu à remercier, à son arrivée à Mascate, "le sultanat, sans laquelle, (sa) libération n'aurait pas eu lieu".Elle a également loué les efforts du gouvernement français et du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) pour mettre fin à son épreuve.

►►►ÉCOUTER | "C'est vraiment la confidentialité qui nous a permis d'aboutir à cette libération" : Frédéric Joli, le porte-parole du CICR en France, interrogé par Yann Gallic :

Dans un communiqué publié lundi soir par l'Elysée, le président François Hollande "exprime sa gratitude à tous ceux qui ont permis l'issue heureuse de cette épreuve, et notamment au sultan Qabous Ibn Saïd".

Les enlèvements, véritable industrie au Yémen

En août, de nombreux Tunisiens avaient appelé sur les réseaux sociaux à ne pas oublier Nourane Houas, après la diffusion d'une vidéo de l'otage. La jeune femme, responsable d'un programme de protection humanitaire au sein de la mission de l'ONG au Yémen, avait été enlevée en même temps qu'un employé yéménite du CICR, relâché quelques heures plus tard.

Le Yémen a connu de nombreux enlèvements d'étrangers ces dernières décennies. Véritable industrie dans ce pays à forte tradition tribale, l'enlèvement d'étrangers servait aux tribus pour demander des avantages au gouvernement. Mais certains enlèvements ont été le fait de groupes extrémistes comme Al-Qaïda, qui a une forte présence notamment dans le sud et le sud-est du pays.

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