Benjamin Netanyahu craint que la mesure n'encourage le mouvement international BDS contre l'Etat hebr
Benjamin Netanyahu craint que la mesure n'encourage le mouvement international BDS contre l'Etat hebr © MaxPPP

Malgré la colère d'Israël l’Union a approuvé ce mercredi la mise en œuvre de l'étiquetage des produits originaires des colonies israéliennes dans les Territoires palestiniens occupés. Israël a averti que la mesure pourrait endommager ses relations avec l'UE.

"De manière officielle, la Commission européenne a adopté ce matin la notice interprétative sur l’indication d’origine des marchandises en provenance des territoires occupés par Israël" : les mots du communiqué de la Commission ont été soigneusement choisis pour démontrer qu’il s’agit d’une décision purement technique et non politique, qui vise à informer le consommateur européen. Selon la Commission, cela ne concernerait qu’1% des produits israéliens, soit quelque 154 millions d’euros. Israël, de son côté, réfute ce chiffre, et évoque plutôt 2 à 3%.

Vive réaction d’Israël

La décision controversée, attendue depuis des mois mais reportée à plusieurs reprises, a été approuvée lors d'une réunion du collège des commissaires européens à Bruxelles. Tandis que l'Organisation de libération de la Palestine saluait un "pas dans la bonne direction", quoique "insuffisant", Israël a vivement réagi, du moins verbalement, convoquant le représentant de l'UE en Israël. En visite chez son allié américain, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a fustigé une "décision hypocrite et dictée par une politique du deux poids, deux mesures, puisqu'elle ne concerne qu'Israël et pas les 200 autres conflits (territoriaux) ailleurs dans le monde".

La crainte de voir grandir le mouvement BDS

Selon le gouvernement israélien, cette "mesure discriminatoire" prise pour des "raisons politiques" va compliquer encore le processus de paix avec les Palestiniens, au point mort depuis le printemps 2014, au moment où Israël est confronté à une "vague de terrorisme". Israël a d'ores et déjà mis en garde l'UE contre les "répercussions" de ses lignes directrices relatives à l'étiquetage. En fait, davantage que son impact sur la balance commerciale, le gouvernement de droite de Benjamin Netanyahu craint que la mesure européenne ne "soutienne et encourage" le mouvement international BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) contre l'Etat hébreu, qui monte en puissance.

28 Etats membres sont concernés par la décision

Débattue depuis 2012, cette décision qui s'impose aux 28 Etats membres vise à informer et protéger les consommateurs européens de l'origine des produits qu'ils consomment, conformément à la législation commerciale de l'UE. Elle porte désormais l'obligation à l'industrie alimentaire et à la distribution de mentionner spécifiquement sur les étiquettes que les marchandises viennent des colonies, qui pour l'UE comme pour la communauté internationale ne font pas partie du territoire d'Israël.

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