Le président ukrainien Petro Porochenko évoque une invasion russe
Le président ukrainien Petro Porochenko évoque une invasion russe © Radio France / Valentyn Ogirenko

Le président ukrainien évoque la présence de 9 000 militaires russes sur le territoire ukrainien et assure que son pays subit une "gigantesque menace", accusant Moscou de vouloir "l'envahir". L'est du pays vit une nouvelle flambée de violence.

Des combats ont fait cinq morts et 39 blessés mercredi dans les rangs de l'armée ukrainienne près de Maryinka, à l'ouest du bastion rebelle de Donetsk, selon Iouri Birioukov, un conseiller du président ukrainien.

Les insurgés prorusses, qui accusent pour leur part l'armée ukrainienne d'être responsable de cette flambée de violence , affirment avoir eu de leur côté 19 morts -- 15 combattants et quatre civils. Les deux camps ont fait usage d'armes lourdes au cours de ces combats, les plus violents depuis des mois dans la région.

Prononçant devant le Parlement son discours sur l'état de la nation, Petro Porochenko a déclaré jeudi matin que l'armée ukrainienne devait se préparer à défendre le pays contre "une invasion généralisée" le long de sa frontière avec la Russie.

L'armée doit être prête à une reprise de l'offensive ennemie dans le Donbass mais aussi à une invasion généralisée le long de notre frontière avec la Russie. Nous devons vraiment nous y préparer. La concentration de forces russes près de notre frontière est une fois et demie plus importante qu'il y a un an.

Il a également annoncé une augmentation du budget de la Défense.

Moscou accuse Kiev (et vice versa)

À Moscou, c'est évidemment un tout autre discours. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a de nouveau accusé Kiev d'être responsable des combats, assurant que "les accords de Minsk conclus en février sont constamment mis en péril par les autorités de Kiev" .

Pour le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, Kiev cherche à faire pression sur l'Union européenne, qui doit se prononcer prochainement sur la poursuite des sanctions contre Moscou.

Souvent par le passé, la partie ukrainienne a pris des initiatives afin d'aggraver les tensions avant certains événements internationaux d'importance. Nous y sommes habitués et cela se produit une nouvelle fois, ce qui nous inquiète beaucoup .

L'Union européenne a demandé la fin de ces affrontements, les plus graves selon elle depuis février, qui risquent d'entraîner la région "dans une nouvelle spirale de violences et de souffrances".

Le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, a estimé que Moscou avait une responsabilité particulière en Ukraine et devait agir pour faire cesser les combats. Il a demandé le retrait des armes lourdes de la ligne de front, comme prévu par l'accord de Minsk.

La France a appelé à faire cesser "immédiatement" les affrontements et a exhorté toutes les parties à appliquer l'accord de février. L'Allemagne a fait part de son inquiétude face aux "graves violations" de l'accord de cessez-le-feu.

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