Un partisan de la russie et son drapeau soviétique devant le parlement à Simféropo
Un partisan de la russie et son drapeau soviétique devant le parlement à Simféropo © Radio France

Après le vote d'une loi dans le pays pour "rompre avec [son] passé soviétique", les Ukrainiens ne peuvent plus arborer aucun symbole issu de l'ancien régime communiste. Avant même la promulgation, plusieurs statues ont été déboulonnées pendant la nuit.

Le rapprochement est tout sauf innocent : en dénonçant dans un même texte "les régimes totalitaires communiste et nazi", les députés ukrainiens font un nouveau pied de nez à l'ex-Mère Patrie russe, en plein conflit avec Moscou sur la question des séparatistes. Ils suivent aussi l'exemple d'autres anciens pays soviétiques (l'Estonie ou la Pologne, par exemple) qui ont voté des lois similaires par le passé.

Le texte ne fait pas forcément l'unanimité en Ukraine, les précisions de Sébastien Gobert

Une loi qui ne fait qu'officialiser une rupture déjà bien ancrée dans l'esprit des Ukrainiens , ou en tout cas ce ceux qui ont participé à la révolution du Maïdan qui avait abouti à la destitution d'un président prorusse. Au plus fort de l'affrontement, on avait ainsi vu des monuments à l'effigie de Lénine déboulonnés un peu partout dans le pays.

Finis les drapeaux, l'hymne et les symboles

La nouvelle loi interdit non seulement la "négation publique du caractère criminel" des régimes communiste et nazi, mais aussi la "production, diffusion et utilisation publique" des symboles qui leur sont associés (drapeau et hymne, en particulier), à quelques exceptions près (dans un cadre éducatif ou scientifique notamment).

Sauf que des symboles nazis, on n'en voit quasiment jamais en Ukraine. La nouvelle loi est donc presque exclusivement conçue pour marquer à nouveau une rupture ferme avec Moscou , et une volonté de se rapprocher de l'Europe.

Symbole de cette rupture déjà consommée dans beaucoup d'esprits : dans la nuit de vendredi à samedi, plusieurs monuments dédiés à des dirigeants communistes ont été déboulonnés par des inconnus à Kharkiv. Le tout, sous les yeux de la police.

Il faut dire que le régime soviétique est une plaie ouverte en Ukraine. Le pays a subi des pertes humaines énormes pendant cette période , en particulier pendant la grande famine en 1932 et 1933, où les morts se comptaient en millions. Sans parler des purges et des déportations sous Staline, qui ont installé durablement un sentiment antisoviétique, en particulier dans l'ouest.

Restera tout de même une date symbolique : celle du 9 mai, le Jour de la victoire en Russie, encore presque sacrée pour de nombreux habitants. Il continuera à être officiellement fêtée en Ukraine.

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