L'opposition appelle à une grève générale en Ukraine
L'opposition appelle à une grève générale en Ukraine © REUTERS/Vasily Fedosenko / REUTERS/Vasily Fedosenko

Après de grandes manifestations (et des heurts) hier dans le centre de Kiev, pour réclamer la démission du gouvernement, les manifestants pro-européens sont toujours mobilisés. Certains quartiers de Kiev ont même été investis par les opposants.

5 000 manifestants bloquaient lundi l'accès au siège du gouvernement ukrainien à l'appel de l'opposition, qui dénonce le revirement du président Viktor Ianoukovitch sur le rapprochement avec l'Union européenne.

En réponse au mot d'ordre de grève générale lancé par les pro-Européens au lendemain d'une manifestation qui a rassemblé quelque 350.000 personnes dans les rues de Kiev, des barricadesde fortune ont été érigées par les protestataires aux abords des bâtiments gouvernementaux.

Marc Crépin est l'envoyé spécial de France Inter à Kiev

"Le gouvernement et le chef de l'Etat devraient démissionner", a déclaré Vitali Klitchko, ancien champion de boxe poids-lourds qui s'est reconverti dans la vie politique.

Ils ont volé notre rêve. Si ce gouvernement ne veut pas accomplir la volonté du peuple, alors ce gouvernement n'a plus de raison d'être, de même que ce président! Il y aura un nouveau gouvernement et un nouveau chef de l'Etat.

Le rapprochement avec l'Europe au coeur de la contestation

En termes de mobilisation, on n'avait pas vu ça depuis la "révolution orange" de la fin 2004. Une révolution qui s'était achevée avec une transformation radicale des structures politiques du pays.

Le président Ianoukovitch a de son côté tenté de reprendre la main en promettant de tout faire pour accélérer le rapprochement avec l'UE mais sur une base d'égalité.

Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir afin d'accélérer le processus de rapprochement de l'Ukraine et de l'UE.

Cette déclaration intervient le jour anniversaire du référendum de 1991 qui avait conduit à l'indépendance de l'Ukraine et à sa sortie de la fédération soviétique.

"L'Ukraine fait ses propres choix géopolitiques", poursuit-il. "Nous sommes un peuple européen et le chemin que nous empruntons est déterminé historiquement. Mais ma conviction profonde est que notre gouvernement devrait entrer dans une association avec les nations européennes en tant que partenaire égal qui doit être respecté".

Ianoukovitch a fait savoir dans le même temps qu'il se rendrait à Moscou après sa visite programmée en Chine, du 3 au 6 décembre, pour discuter d'une nouvelle coopération économique. La Russie, elle, ne souhaite pas vraiment voir son allié local passer à l'Ouest.

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