Séparatistes pro-russes à Slaviansk
Séparatistes pro-russes à Slaviansk © Laurent Macchietti

Une demi-douzaine de véhicules blindés de transport de troupes ont fait leur entrée mercredi dans la ville de Slaviansk, dans l'est de l'Ukraine, et le premier engin arborait un drapeau russe. Les séparatistes pro-russe ont confisqué six véhicules de transport de troupes.

A bord de chacun de ces véhicules se trouvaient une quinzaine d'hommes aux treillis dépareillés, qui semblaient être des militants pro-russes et saluaient la population. Les véhicules se sont arrêtés devant la mairie, qui est occupée par les séparatistes pro-russes.

Les pro-russes avancent leurs pions

Le deuxième véhicule de la colonne portait l'emblème de la "république populaire de Donetsk", qu'un groupe séparatiste a proclamé la semaine dernière et qui, selon les autorités de Kiev, est un premier pas vers la scission et vers un rattachement à la Russie. On ignore la provenance exacte des véhicules blindés.

Les hommes à bord des véhicules étaient pour certains cagoulés, armés de kalachnikovs, de lance-grenades, de poignards et de pistolets. Le convoi est arrivé par la route de Kramatorsk, à une quinzaine de kilomètres au sud, où des troupes ukrainiennes, héliportées, ont pris mardi le contrôle de l'aérodrome militaire.

A la veille de la réunion quadripartite à Genève, les séparatistes pro-russes ont infligé une humiliation symbolique aux autorités de Kiev en confisquant six véhicules de transport de troupes dépêchés dans le cadre d'une tentative de reprise en main de l'est de l'Ukraine.

Certains soldats ukrainiens ont déposé les armes

Dans certains endroits du pays, Kiev a perdu le contrôle.

Philippe Randé est l'envoyé spécial de France Inter dans l'Est de l'Ukraine, dans le village de Tchelkino. Des chars de l'amée ukrainienne ont dû s'y arrêter aujourd'hui, stoppés par la population.

Les discussions s'annoncent tendues à Genève

La conférence sur l'Ukraine prévue demain à Genève doit en principe réunir des représentants ukrainiens, russes, américains et de l'Union européenne. La tenue de ces pourparlers reste incertaine dans un contexte de plus en plus inquiétant dans l'est de l'Ukraine.

Réponse à l'opération spéciale de l'armée ukrainienne

La veille, l'armée ukrainienne a lancé mardi une "opération spéciale" contre les séparatistes pro-russes à Kramatorsk, également dans l'est du pays, rapporte l'agence de presse Interfax, qui cite le ministère de la Défense.

Un chasseur de l'armée de l'air a survolé la ville, puis quatre hélicoptères sont apparus au-dessus de l'aéroport. Deux de ces appareils ont débarqué des troupes sur la piste. Les militaires ont été accueillis aux cris de "Honte! Repartez!" par des habitants occupant une barricade où flottaient des drapeaux russes, à l'entrée de l'aéroport.

Un peu plus tôt, des tirs d'armes automatiques provenant de l'aéroport avaient été entendus alors que le chasseur survolait le secteur à basse altitude, ont déclaré des journalistes présents sur place, cités par Interfax.

Dans la ville, les séparatistes qui étaient retranchés depuis samedi à l'intérieur du QG de la police ont quitté les lieux mardi mais, selon un responsable des services de sécurité (SBU), ils ont pris le contrôle des bureaux du SBU. Le président ukrainien par intérim, Olexander Tourtchinov, a assuré mardi matin que l'opération visant à reprendre les bâtiments occupés depuis le week-end dans une dizaine de villes de l'est de l'Ukraine avait débuté au cours de la nuit, mais qu'elle se déroulerait "par étapes" et d'une "manière réfléchie".

La Russie montrée du doigt par l'OTAN

La Russie est fortement impliquée dans la crise en cours dans l'est de l'Ukraine, où des séparatistes ont pris le contrôle de bâtiments administratifs dans une dizaine de villes, a déclaré mardi le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen.

Prié de dire s'il disposait de preuves d'un engagement de la Russie dans les événements de l'est de l'Ukraine, il a répondu aux journalistes:

Nous ne commentons jamais les renseignements dont nous disposons, mais je pense que, d'après ce que l'on peut voir, il est tout à fait évident que la Russie est fortement impliquée dans cela.

Le président russe Vladimir Poutine s'est entretenu par téléphone avec la chancelière allemande, Angela Merkel jeudi.

Selon un communiqué du Kremlin :

Lle président russe a fait remarquer que l'escalade brutale du conflit avait mis le pays au bord de la guerre civile.

Les explications de Bertrand Gallicher

En cas d'échec de cette réunion, les Etats-Unis se disent prêts à renforcer les sanctions contre Moscou.

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