L’ONU a obtenu de Damas un accord de principe pour acheminer cette semaine un premier convoi humanitaire jusqu’au camp de Rukban, situé à la frontière entre la Syrie et la Jordanie. Alors que l’hiver approche, la situation y est catastrophique.

Coupé du monde, le camp de Rukban est situé dans une plaine désertique, à la frontière jordano-syrienne.
Coupé du monde, le camp de Rukban est situé dans une plaine désertique, à la frontière jordano-syrienne. © Radio France / Étienne Monin

Des maisons faites de brique de terre et de bâches en plastique au milieu d’une plaine désertique balayée par les vents, à la frontière jordano-syrienne. Voilà à quoi ressemble le camp de Rukban, où s’entassent, dans des conditions précaires, 50 000 à 70 000 personnes : principalement des femmes et des enfants ayant fui le régime de Damas

Ce camp syrien, sorti de terre il y a trois ans, est inaccessible depuis que le régime syrien a coupé la route qui permettait l’approvisionnement par le nord. L’accès sud a déjà a été fermé il y a près d’un an par la Jordanie pour des raisons de sécurité. 

Le camp de Rukban est un no man's land humanitaire.
Le camp de Rukban est un no man's land humanitaire. © Radio France / Étienne Monin

Dans ce camp coupé du monde, on manque de tout et les prix flambent. Comme celui de l’huile, utilisée pour chauffer les maisons, alors que l’hiver approche, et qu’il n’y a pas de bois pour la remplacer. "Ils ont coupé les routes pour pousser les gens à passer du côté du régime", estime un ancien enseignant sur place, joint grâce à WhatsApp. 

D’après l’Union des organisations de secours et de soins médicaux en Syrie, deux nouveau-nés et 15 adultes sont morts début octobre. Aux conditions sanitaires désastreuses s’ajoute le manque de soins médicaux. Le camp ne compte aucun médecin. 

Pour l’instant, les déplacés syriens sont protégés par les Américains, qui ont négocié une zone tampon dans ce secteur afin de protéger l’un de leurs camps de formation. Ces opposants au régime réclament désormais un soutien international afin d’organiser un transfert vers les zones tenues par les Turcs ou les Kurdes.

En mars 2018, un déplacé tournait ces images, à Rukban.

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