La directrice générale de l'Unesco "regrette profondément" la décision des États-Unis de se retirer de l'organisation des Nations-Unies pour l'Éducation, la Science et la Culture.

Les USA se retirent de l'Unesco
Les USA se retirent de l'Unesco © Reuters / Philippe Wojazer

Alors que les pays membres du conseil exécutif de Unesco doivent élire leur nouvelle présidence pour les quatre prochaines années, les Etats-Unis annoncent leur retrait de l'institution fin 2018, l'accusant de positions "anti-israéliennes" et estimant nécessaires d'importantes réformes.

Une décision "courageuse et morale", a salué Benjamin Netanyahu. Le Premier ministre israélien a d'ailleurs annoncé quelques heures plus tard, le retrait également d'Israël de l'Unesco. Pour Danny Danon, ambassadeur israélien auprès des Nations Unies, "nous entrons dans une nouvelle ère aux Nations Unies : celle où, quand on pratique la discrimination contre Israël, il faut en payer le prix."

"Nous avons besoin d'une Amérique qui reste engagée dans les affaires du monde", a réagi l'ambassadeur français aux Nations unies François Delattre.

La directrice générale de l'Unesco Irina Bokova s'est également émue de ce retrait :

L'universalité est essentielle à la mission de l'Unesco pour construire la paix et la sécurité internationales face à la haine et à la violence, par la défense des droits de l'homme et de la dignité humaine

Début juillet, les Etats-Unis avaient prévenu qu'ils revoyaient leurs liens avec l'Unesco, qualifiant d'"affront à l'histoire" sa décision de déclarer la vieille ville d'Hébron, en Cisjordanie occupée, "zone protégée" du patrimoine mondial. Il a également placé cette ville située dans les Territoires palestiniens sur la liste du patrimoine en péril.

L'ambassadrice américaine auprès des Nations Unies, Nikki Haley, avait alors affirmé que cette initiative discréditait "encore plus une agence onusienne déjà hautement discutable".

Haut lieu de tension, Hébron abrite une population de 200 000 Palestiniens et de quelques centaines de colons israéliens, qui sont retranchés dans une enclave protégée par des soldats près du lieu saint que les juifs désignent sous le nom de tombeau des Patriarches et les musulmans, mosquée d'Ibrahim.

Née en novembre 1945 sur les cendres de la Seconde Guerre mondiale pour "promouvoir la paix dans l'esprit des hommes et des femmes", l'Unesco, qui compte 195 membres - dont 58 siègent à son conseil exécutif - est prise au piège des conflits du moment et des tensions entre États. Pour des raisons différentes, le Royaume-Uni, le Japon et le Brésil ne se sont pas encore acquittés de leur contribution pour l’année 2017.

Les Etats-Unis de Barack Obama avaient déjà suspendu leur participation financière en 2011 après l'admission de la Palestine comme Etat-membre. Les Etats-Unis avaient perdu leur droit de vote en 2013 car ils avaient arrêté leur financement. Dans les années 90, le Congrès américain avait entériné un texte décidant d'arrêter tout financement d'une agence onusienne à partir du moment où cette agence acceptait les Palestiniens comme membres. Les Etats-Unis avaient déjà quitté l'Unesco sous Ronald Reagan en 1984 pour dénoncer la gestion de l'organisation et étaient revenus en 2003.

Jusqu'en 2013, le financement des Etats-Unis pour l'Unesco représentait 22% du budget de l'organisation.

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