[scald=212565:sdl_editor_representation]par Charlie Dunmore et Adrian Croft

BRUXELLES (Reuters) - Plusieurs pays de l'Union européenne souhaitent un renforcement des contrôles ADN et de la réglementation sur l'étiquetage de la viande commercialisée dans l'UE, à la suite du scandale de la viande de cheval retrouvée dans plusieurs préparations censées être au boeuf.

Ce scandale ne présente a priori aucun danger pour la santé publique mais une telle tromperie sur la nature des produits a provoqué un tollé, notamment en Grande-Bretagne où l'idée de manger du cheval est taboue.

Les ministres concernés des pays de l'Union les plus touchés par ce scandale, révélé à la suite de tests menés en Irlande, se sont réunis mercredi soir à Bruxelles pour examiner la réponse à y apporter.

"Cela a des conséquences sur l'intégrité de la chaîne de commercialisation des produits alimentaires, une question de très grande importance pour de nombreux pays. Maintenant que nous savons que c'est un problème européen, il faut trouver une solution européenne", a dit à son arrivée à la réunion le ministre irlandais de l'Agriculture, Simon Coveney, dont le pays préside actuellement l'UE.

Pour son homologue britannique Owen Paterson, les tests qui ont permis de mettre au jour le scandale devraient être désormais menés de façon plus systématiques.

"Je voudrais que des tests ADN sur les produits contenant de la viande (...) soient institués aussi vite que possible dans tous les Etats membres", a-t-il dit.

RÉSULTATS DE L'ENQUÊTE EN FRANCE PUBLIÉS JEUDI

Les deux ministres veulent que l'exécutif européen propose un renforcement de l'étiquetage, précisant surtout le pays d'origine de la viande utilisée. Pour l'instant, cet étiquetage n'est obligatoire que pour le boeuf frais et doit être étendu à partir de décembre 2014 à l'agneau, au porc et à la volaille.

Lors d'une conférence de presse avant la réunion de la soirée, le commissaire européen à la Santé et à la Consommation, Tonio Borg, a effectivement précisé que la Commission envisageait de renforcer la réglementation sur l'étiquetage du pays d'origine des produits agroalimentaires.

"Il est évident que quelque part le long de la chaîne, quelqu'un (...) a frauduleusement ou peut-être négligemment étiqueté un produit de manière trompeuse", a-t-il dit.

"Tous les pays par lesquels cette viande a transité sont évidemment suspects. Par pays, je veux dire les entreprises de ces pays qui ont traité le produit en question", a-t-il ajouté.

Depuis que le scandale a éclaté en Irlande à la suite de contrôles de routine effectués par l'autorité sanitaire sur des steaks hachés surgelés, les enquêtes ont mis en lumière un circuit complexe de distribution de la viande.

La branche britannique de l'entreprise de produits surgelés Findus a entamé le rappel de ses lasagnes de boeuf la semaine dernière sur le conseil de son fournisseur français, Comigel, qui affirme que la viande douteuse vient de Roumanie.

Le Premier ministre roumain, Victor Ponta, a assuré lundi qu'aucune fraude n'avait été commise dans son pays.

En France, les ministres de l'Agriculture et de la Consommation doivent rendre public jeudi en fin d'après-midi le résultat de l'enquête administrative sur "la fraude sur la commercialisation de viandes bovines et chevalines."

Barbara Lewis avec Gérard Bon à Paris; Jean-Stéphane Brosse et Guy Kerivel pour le service français

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