Des agents hongrois installent des clôtures barbelées le long de la frontière
Des agents hongrois installent des clôtures barbelées le long de la frontière © MaxPPP

Les Etats de l'Union européenne, divisés, ont échoué lundi soir à s'entendre sur la répartition des réfugiés, après le rétablissement par plusieurs pays de contrôles aux frontières et la fermeture par la Hongrie de son principal passage vers la Serbie.

Après l'élan généreux Outre-Rhin, le septicisme, puis la crispation : lundi, les Etats de l'Union européenne ont échoué lundi soir à s'entendre sur la répartition des réfugiés, après le rétablissement par plusieurs pays de contrôles aux frontières et la fermeture par la Hongrie de son principal passage vers la Serbie. A Röszke, devenu le point de transit de la quasi-totalité des migrants pénétrant en Hongrie, une quinzaine de policiers hongrois ont empêché lundi leur passage pendant que d'autres agents installaient des barbelés, à la veille de la mise en oeuvre de nouvelles dispositions antimigrants par Budapest.

Pas d’accord sur la répartition de 120.000 réfugiés

Dans la soirée, les 28 Etats membres de l'UE, réunis en urgence à Bruxelles, ne sont pas parvenus à un accord sur la répartition contraignante de 120.000 réfugiés, réclamée la semaine dernière par la Commission européenne pour faire face à une des pires crises migratoires en Europe depuis 1945.

Mise en oeuvre de hotspots pour enregistrer les migrants

Les Etats membres ont confirmé qu'ils allaient se répartir l'accueil de quelque 40.000 réfugiés, comme prévu depuis fin juillet. Au rang des avancées de lundi, l'Italie et la Grèce ont accepté la mise en oeuvre à leurs frontières de "hotspots", des centres d'accueil chargés d'enregistrer les migrants à leur arrivée en Europe et de distinguer en amont s'ils relèvent du droit d'asile ou de la migration illégale.

Suspension de la libre circulation

Cette réunion décevante à Bruxelles a eu comme toile de fond le rétablissement des contrôles aux frontières allemandes et autrichiennes, une suspension de facto de la libre circulation garantie par les accords de Schengen en Europe. Devenue en quelques semaines une Terre promise pour des réfugiés de plus en plus nombreux, Berlin a justifié sa décision par "l'inaction" de l'UE, assurant toutefois que le rétablissement des contrôles ne signifiait pas que l'Allemagne fermait ses frontières aux demandeurs d'asile et aux réfugiés. La volte-face de la chancelière Angela Merkel, confrontée à des problèmes logistiques et à la grogne de son camp politique, est survenue quelques jours seulement après qu'elle eut plaidé pour un accueil des réfugiés sans limite de nombre.

L’urgence d’une réponse globale européenne

La décision de Berlin a immédiatement fait des émules parmi les pays de l'Est - Slovaquie et République tchèque - qui rejettent depuis des semaines l'idée de quotas de répartition. La Pologne s'est dite également prête, en cas de menace pour sa sécurité, à rétablir des contrôles aux frontières. Vienne a aussi décidé de déployer des militaires à sa frontière hongroise, où le flux de migrants a pris des proportions sans précédent. A la frontière entre la Grèce et la Macédoine, la police a cependant signalé une accalmie relative: 5.000 migrants lundi, contre 10.000 les jours précédents. Lundi, le Haut-commissariat de l'ONU aux réfugiés a mis en garde contre un "vide juridique" auquel seraient confrontés les réfugiés en Europe, et souligné "l'urgence d'une réponse globale européenne".

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