Emmanuel Macron s’entretient ce vendredi après-midi avec Angela Merkel et, avant elle, avec l’Allemand Markus Söder. Il est le dirigeant de l’État de Bavière et l’homme politique qui s’est imposé en Allemagne pour sa gestion de la pandémie de coronavirus et est perçu comme un possible successeur de la chancelière.

Marienplatz déserte à Munich, le 30 janvier dernier. Un couvre-feu de 21h à 5h du matin est instauré en Bavière
Marienplatz déserte à Munich, le 30 janvier dernier. Un couvre-feu de 21h à 5h du matin est instauré en Bavière © AFP / DPA / Felix HÖRHAGER

Markus Söder s’est imposé en Allemagne, au cours de l’année passée, pour sa gestion de la crise sanitaire liée à la Covid-19. Que ce soit pour la première ou la deuxième vague, Söder a toujours décrété dans sa région les mesures de restrictions les plus fortes du pays et toujours avant les autres Länder allemands.

À 8 mois des élections législatives, il est perçu comme un possible candidat pour succéder à Angela Merkel à la chancellerie à Berlin.

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"On a ici en Bavière certainement les mesures les plus dures, un peu comme lors de la première vague." Celle qui parle c'’est l’une des virologues les plus en vues du pays : la professeure Ulrike Protzer, qui dirige l’institut de virologie de l’Université Technique de Munich. "La politique est très cohérente et va avec une communication de son dirigeant qui dit clairement à la population ce qu’elle doit faire, et c’est plus facile à comprendre quand ça va toujours dans le même sens", explique-t-elle. "Plutôt que de desserrer puis resserrer et desserrer à nouveau, ça c’est plus difficile à comprendre."

Couvre-feu de 21h à 5h du matin, obligation du port du seul masque FFP2 (dans les commerces et les transports en commun) sont deux des mesures en vigueur en ce moment. Cette politique stricte, reconnaît la virologue, a aussi à voir avec le profil conservateur du dirigeant Markus Söder. 

"Si vous perdez du temps, vous ajoutez des dégâts aux dégâts" 

Florian Hermann, le "Monsieur coronavirus" de la Bavière
Florian Hermann, le "Monsieur coronavirus" de la Bavière © Radio France / Ludovic Piedtenu

À la chancellerie bavaroise, Söder peut compter sur son numéro 2, Florian Hermann, le "Monsieur coronavirus". "Une caractéristique de notre stratégie bavaroise, c’est qu’on n’attend pas, on décide et on agit immédiatement", décrit Florian Hermann. "Ce qui nous a conduits à fermer les écoles très tôt, à entrer en confinement plus vite. C’est comme quand il y a un incendie, les pompiers viennent, ou comme pour un vol, la police intervient tout de suite. Il ne faut pas perdre de temps, sinon vous ajoutez des dégâts aux dégâts."

Ce qui n’a pas empêché un trou dans la raquette. Au mois d’août, quand plusieurs milliers d’Allemands positifs au coronavirus à leur retour de vacances sont entrés en Allemagne par la Bavière, leurs tests positifs ne leur ont été communiqués que bien plus tard, à cause d’une panne informatique. La ministre bavaroise de la Santé remet sa démission à Markus Söder qui la garde dans son gouvernement quelques mois encore. Ce n’est qu’en janvier 2021 qu’il procédera à son remplacement.

Malgré un dispositif très contraignant, les Verts appellent à plus de sévérité

Katrin Habenschaden, première adjointe écologiste à la mairie de Munich
Katrin Habenschaden, première adjointe écologiste à la mairie de Munich © Radio France / Ludovic Piedtenu

La seconde vague est déjà là, moins bien préparée de l’avis des partis d’opposition comme les Verts, puissants en Bavière. Katrin Habenschaden est première adjointe écologiste à la mairie de Munich et regrette que la manière forte n’ait pas été employée pour développer davantage l’école en ligne ou contraindre plus vite employeurs et employés au télétravail. "On n’a peu - voire pas du tout - tiré d’enseignements des lacunes de la première vague. J’ai le sentiment que cette voix très forte de Markus Söder est devenue du bruit aujourd’hui, car quelles sont les mesures fortes pour vraiment contenir cette deuxième vague ?" 

Néanmoins, comme partout en Allemagne, la situation épidémique est à la décrue, avec un confinement en vigueur depuis début novembre qui s’est renforcé au fil du temps et qui dure. Il pourrait être prolongé au-delà de la date initiale du 14 février.