l'ue classe la branche militaire du hezbollah comme terroriste
l'ue classe la branche militaire du hezbollah comme terroriste © reuters

L'Union Européenne vient d'inscrire la branche militaire du Hezbollah libanais sur la liste des organisations terroristes, mais souhaite garder le contact avec ses responsables politiques. Un entre-deux qui risque d'être difficile à tenir.

Le Royaume-Uni, soutenu entre autres par la France et les Pays-Bas, cherchait depuis le mois de mai à persuader les autres pays européens de prendre cette décision. Un retournement de situation car jusqu'à maintenant,l'Union Européenne avait toujours résisté aux pression des Etats-Unis et d'Israël pour inscrire le Hezbollah sur sa liste des organisations terroristes , par crainte d'accroître les tensions au Proche-Orient.

Londres a mis notamment en avant des preuves montrant l'implication de la branche militaire du Parti de Dieu dans un attentat à la bombe contre un car de touristes israéliens il y a un an, dans une station balnéaire de Bulgarie. Cinq Israéliens et leur chauffeur avaient trouvé la mort. Le Hezbollah a été créé à Damas par l'Iran en 1982 comme un moyen de lutte contre Israël après son entrée au Liban. Son implication dans le conflit syrien est considérée comme un élément majeur permettant au président Bachar al Assad de résister au soulèvement organisé par la majorité musulmane sunnite.

Malgré tout, les gouvernements de l'Union Européenne font la distinction entre la branche armée du mouvement et la formation politique. Pour Laurent Fabius, le chef de la diplomatie Française, le dialogue doit donc se poursuivre avec les représentants du Hezbollah.

Laurent Fabius, le ministre des Affaires Etrangères, au micro de Grégoire Lory

Israël applaudit, le Liban critique

Israël, par la voix de sa ministre de la justice Tzipi Livni se félicite de cette décision. Le Premier ministre israélien a toutefois exprimé quelques réserves. Selon lui, il est impossible de faire la distinction entre la branche politique et militaire du Hezbollah.

De son côté le ministre libanais des Affaires étrangères, Adnan Mansour, juge la décision européenne "hâtive" et susceptible de compliquer un paysage politique libanais déjà complexe :

Cela va à l'avenir gêner la vie politique libanaise, particulièrement si l'on considère les différentes sensibilités de notre pays. Nous avons besoin de resserrer les liens entre les partis au Liban, plutôt que de créer des problèmes supplémentaires.

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