La Californie est à la mode pour les vacances d'été. L'État revendique son ouverture aux autres et sa tolérance, en totale opposition avec le président américain Donald Trump.

Une marche contre Donald Trump à Los Angeles.
Une marche contre Donald Trump à Los Angeles. © Maxppp / MIKE NELSON

En Californie, vous êtes tous les bienvenus, quelles que soient votre couleur de peau, votre religion, ou vos préférences sexuelles. L'État de l'ouest américain cultive son image de territoire accueillant et tolérant, face aux initiatives radicales du nouveau président américain. Et ça fonctionne : la Californie est une destination à la mode pour les vacances, notamment grâce à ses prises de position anti-Trump.

La Californie joue la carte anti-Trump

Globalement, les Français ont envie d'évasion cet été. Selon les professionnels du secteur, nous serions entre 9 et 10% de plus à vouloir partir en vacances cette année, et notamment à l'étranger. Les réservations sont en hausse de 14% pour les vols à destination de la Tunisie, de la Grèce ou du Maroc, en hausse de 13% pour les Antilles et la Réunion.

Mais la Californie aux États-Unis a également le vent en poupe. Il est ainsi très difficile de trouver des billets d'avions pour Los Angeles et San Francisco, de nombreuses compagnies aériennes affichent complet.

Les 50 ans du mouvement hippie

"Entre 2009 et 2017, on a plus que doublé le nombre de visiteurs français. On est à 442 000 visiteurs français en Californie cette année", explique Murielle Nouchi, la représentante de l'Office du tourisme de Californie en France. La ville de San Francisco devrait d'ailleurs afficher cet été des fréquentations record, puisqu'elle célèbre les 50 ans du "Summer of Love", la naissance du mouvement hippie, symbole de l'ouverture et du vivre ensemble.

La Californie, symbole de la contestation

La Californie, un état ouvertement démocrate, revendique son anti-trumpisme. Le candidat Républicain à la présidence des États-Unis a obtenu ici l'un de ses plus mauvais scores à l'élection présidentielle, avec 31,5% des voix, contre 61,5% pour Hillary Clinton.

En janvier dernier, pour marquer son premier jour en tant que président de Donald Trump, des manifestations massives avaient eu lieu dans 400 villes américaines aux États-Unis et à travers le monde. New York a ainsi comptabilisé moins de manifestants que Los Angeles, qui avait rassemblé plus d’un demi-million de personnes selon la police et 750 000 selon les organisateurs (qui n'avaient compté que 500 000 manifestants à New-York).

De plus, quand Donald Trump a annoncé au début du mois de juin qu'il retirait la signature des États-Unis de l'accord de Paris sur le climat, plusieurs États, et notamment la Californie, se sont désolidarisés de cette décision. Quatre jours après cette annonce, le milliardaire new-yorkais Michael Bloomberg a écrit une lettre, intitulée "On est toujours dedans", signée par plus de 1 000 organisations, entreprises et autorités locales américaines, prêtes à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre malgré la décision de Donald Trump. On retrouve parmi les signataires les puissants États de New York et de Californie.

Vers un Calexit ?

Certains souhaitent même que la Californie fasse sécession, pour créer une "Nation de Californie". Le secrétaire d’État de la Californie, Alex Padilla, a donné son feu vert aux militants du mouvement "Calexit" pour qu'ils collectent les signatures nécessaires à l'éventuelle mise au vote de leur projet lors des prochaines élections, en novembre 2018. Il leur en faut près de 600 000 d'ici au 25 juillet, soit 8 % des votants inscrits dans le grand état de l'ouest américain, le plus peuplé des États-Unis avec 40 millions d'habitants.

Les électeurs pourraient alors avoir à trancher sur la question de l'appartenance – ou pas – aux États-Unis lors d'un référendum en 2019. Mais même pour l'État qui s'est érigé, à lui seul, en sixième puissance économique mondiale, devant la France, en 2016, cette issue est peu probable.

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