Ce dimanche, la station spatiale Tiangong-1 s'est désintégrée en vol, au terme d'une mission lancée en 2011, l'une des plus importantes menées jusqu'alors par la Chine. Mais la superpuissance asiatique ne compte pas s'arrêter là.

Le taïkonaute Zhai Zhigang est le premier à avoir pu sortir dans l'espace, en 2008.
Le taïkonaute Zhai Zhigang est le premier à avoir pu sortir dans l'espace, en 2008. © AFP / XINHUA

Sa course s'est terminée, dans la nuit de dimanche à lundi, au moment d'entrer dans l'atmosphère terrestre : en vol incontrôlé depuis 2016, la station spatiale chinoise Tiangong-1 s'est désintégrée en pénétrant dans l'atmosphère.

Cette station spatiale, dont le nom signifie "Palais Céleste", d'un poids d'environ huit tonnes et longue d'une dizaine de mètres, était l'un des joyaux de la conquête spatiale chinoise, considéré comme une première étape vers la construction d'une véritable station spatiale chinoise. 

Premier satellite en 1970, premier humain en 2003 

Car si la Chine a mis du temps à donner une vitesse de croisière à "sa" conquête spatiale, elle s'impose désormais comme un véritable acteur du paysage spatial. Alors que dans les années 50 et 60, les Etats-Unis et l'URSS se disputent la place de maître de l'espace, le lancement de Spoutnik par les Soviétiques donne des envies à Mao, qui promet : "Nous aussi, nous fabriquerons des satellites." C'est chose faite, en 1970. 

Mais le premier vol habité n'est intervenu que trente ans plus tard : en 2003, Yang Liwei est le premier Chinois à partir dans l'espace, le premier "taïkonaute". La Chine est alors le troisième pays à envoyer un humain dans l'espace par ses propres moyens après les Etats-Unis et la Russie, les autres pays menant des missions à plusieurs, notamment les pays de l'Union européenne, via l'Agence spatiale européenne, et plus globalement la Station spatiale internationale – un programme dont la Chine ne fait pas partie. 

Vers une station spatiale ?  

D'autres vols ont lieu, notamment en 2005 et, plus important, en 2008, quand le taïkonaute Zhai Zhigang sort, pour la première fois, de son véhicule spatial. Mais il faut donc attendre 2011 pour qu'un embryon de station spatiale soit envoyé en orbite : c'est Tiangong-1, habité notamment par la Chinoise Wang Yaping, qui y a donné en 2013 un cours de physique retransmis en direct à la télévision. La station a cessé de fonctionner en mars 2016. 

Après l'atterrisage sur la Lune d'un rover téléguidé, "Lapin de jade" en 2013, paralysé par des problèmes mécaniques, la Chine a lancé en 2016 un nouveau module, Tinangong-2, avec un objectif : donner naissance à une véritable station spatiale en 2022. Là encore, si la Chine y parvient, elle sera le troisième pays à avoir disposé de sa propre station spatiale, après les Etats-Unis et l'Union soviétique.  

Objectif Lune 

Si le dernier lancement, celui d'une fusée à l'été 2017, a échoué (elle devait mettre en orbite un satellite de télécommunications), la Chine maintient ses objectifs, avec en ligne de mire la Lune. Le robot Chang'e-4 devrait se poser sur la face cachée de la Lune dans le courant de l'année, et sera suivi en 2019 par Chang'e-5, a annoncé la semaine dernière l'agence officielle chinoise. Celle-ci collectera des échantillons sur la Lune. En fin de compte, la Chine souhaite créer une base lunaire, qui accueillera dans un premier temps des robots dotés d'intelligence artificielle, et à terme des humains.  

Enfin, à l'horizon 2020, c'est Mars qui sera visé par la Chine, avec d'abord le lancement d'un vaisseau, et ensuite l'envoi sur la planète rouge d'un robot téléguidé capable de mener des analyses.  

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