A Shangai, un mur recouvert d'affiches à la gloire du président chinois Xi Jinping
A Shangai, un mur recouvert d'affiches à la gloire du président chinois Xi Jinping © Reuters / Aly Song

La Chine donne les pleins pouvoirs à la police pour valider l'implantation des ONG étrangères. Une nouvelle loi qui soulève l’inquiétude des gouvernements étrangers et des associations caritatives.

Le parlement chinois a approuvé jeudi à la quasi-unanimité une loi très controversée qui impose un contrôle renforcé de la police sur l’enregistrement des ONG étrangères dans le pays.

Désormais, à partir de janvier, seule la police aura tous les pouvoirs pour valider l’accès (ou non) de ces organisations sur le sol chinois.

Ainsi, la police pourra annuler l’enregistrement de toute organisation qui, selon elle « porte atteinte aux intérêts nationaux » ou «menace les intérêts de la société », qui encourage la « rumeur », la « subversion du pouvoir de l’État ou le séparatisme ». La définition d’ONG par le gouvernement chinois reste floue, mais Les écoles et les hôpitaux internationaux ne sont cependant pas concernés.

Des ONG étrangères ont prévu ou organisé des activités menaçant la stabilité sociale et la sécurité nationale (Zhang Yong l’un des responsable de l'Assemblée Nationale Populaire)

Les ONG étrangères devront ainsi communiquer leur programme annuel de travail et leurs informations financières à une agence gouvernementale, et ne pourront recruter de "membres" chinois, sauf autorisation spéciale du gouvernement.

Levée de boucliers des défenseurs de droits de l’Homme

Cette mesure, pressentie de longue date, avait déjà provoqué la levée de boucliers des organisations caritatives et de plusieurs gouvernements étrangers, dont les États-Unis, qui se disent " très inquiets ".

Cette loi va probablement entraver les contacts entre les peuples, les échanges universitaires et les activités commerciales, ( Hans-Dietmar Schweisgut, ambassadeur de l'Union européenne en Chine ),

Près d’un millier d’ONG étrangères travaillent actuellement en Chine, dans les organismes caritatifs, celles de défense de l’environnement, universités ou chambres de commerces.

Cette loi est justement votée à l'heure où le président Xi Jinping supervise une vaste répression visant la société civile, touchant de nombreux avocats, intellectuels et militants des droits de l'homme, interpellés ou emprisonnés.

La loi représente une vraie menace pour le légitime travail des ONG indépendantes et devrait être immédiatement abrogée ( William Nee, chercheur d'Amnesty International spécialiste de la Chine )

►►►ECOUTER - La mainmise du gouvernement chinois sur les ONG étrangères, le reportage de Dominique André

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