La Chine, souvent critiquée pour son système de surveillance des citoyens, utilise aujourd’hui ses bases de données dans la lutte contre le coronavirus.

La Chine utilise les données personnelles de sa population pour tenter d'enrayer l'épidémie de coronavirus
La Chine utilise les données personnelles de sa population pour tenter d'enrayer l'épidémie de coronavirus © AFP / Ding Ting / XINHUA

Lors de l’épidémie de Sras en 2003, la Chine ne possédait pas de bases de données telles que le big data que le pays a mis en place à une échelle inégalée dans le monde.

Wu Zunyou, expert officiel en épidémiologie au centre national de la prévention et du contrôle d’épidémies, utilise ces données :

"Avec le big data, on sait où les cinq millions de personnes parties de Wuhan et de la province de Hubei sont allées. On peut capturer les données de localisation précises et tracer ces personnes. Le marché des fruits de mer Hua Nan est à la source du nouveau virus, les gens qui sont allés au marché une semaine avant la fermeture étaient sans doute les premiers malades et aussi les sources dangereuses de la transmission de l'épidémie."

Suivre les déplacements des malades potentiels

Les données proviennent en partie de la compagnie de transport ferroviaire chinoise, China Railway, l’équivalent de la SNCF. Huang Xin, l’un des responsables du service du transport des voyageurs, raconte :

"Nous avons fait des statistiques des données personnelles des passagers qui ont pris le train depuis décembre et avant le nouvel an lunaire. 

“Nous nous intéressons surtout aux données des déplacements des passagers qui étaient à l’épicentre ou dans les régions gravement touchées.”

"Nous envoyons ces statistiques aux bureaux chargés de la prévention  et du contrôle de l’épidémie de toutes les provinces. Ils veulent trouver les passagers qui ont eu des contacts corporels étroits avec les malades confirmés et les malades suspects récemment. Nous avons aussi fourni ces données aux bureaux."

Le big data de la Chine représente une base de données qui intéresse aussi les pays étrangers, des discussions existent d’ailleurs entre la Chine et l’Union européenne sur ce sujet.

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