La nouvelle a surpris une partie de la communauté internationale : ce samedi, Kim Jong Un a annoncé qu’il mettait fin aux essais nucléaires et qu’il fermait son site d’essais atomiques. Washington et Séoul accueillent chaleureusement cette décision, Tokyo moins.

Kim Jong Un a fait cette annonce devant le comité central du Parti unique nord-coréen
Kim Jong Un a fait cette annonce devant le comité central du Parti unique nord-coréen © AFP / Jung Yeon-je

C’est le leader nord-coréen qui l’a annoncé lui-même, selon les propos rapportés par l’agence de presse officielle du pays KCNA : "A partir du 21 avril, la Corée du Nord va cesser ses essais nucléaires et les lancements de missiles balistiques intercontinentaux", a affirmé Kim Jong Un. 

"Le travail pour installer des ogives nucléaires sur des missiles balistiques est terminé".

Pour accompagner son engagement, Kim Jong Un assure que le pays "va fermer un site d'essais nucléaires dans le nord du pays". En revanche, cette annonce ne signifie absolument pas que la Corée du Nord a l'intention de démanteler son arsenal nucléaire et balistique existant, que le chef d'Etat a qualifié "d'épée chérie" qui protège le pays. 

Les bases de missiles et d'essais nucléaires nord-coréenes
Les bases de missiles et d'essais nucléaires nord-coréenes © AFP

En effet, Kim Jong Un le dit clairement : si le site d'essais nucléaires ferme, c'est parce qu'il " a rempli sa mission". "Comme le caractère opérationnel des armes nucléaires a été vérifié, _il n'est plus nécessaire pour nous de mener des essais nucléaires ou de lancer de missiles à moyenne et longue portée_, ou nos missiles balistiques intercontinentaux", a-t-il déclaré devant le Comité central du parti unique nord-coréen, lors d'une séance plénière censée définir une "nouvelle étape dans une période historique importante de la révolution coréenne en développement". 

Depuis plus d'un an, la Corée du Nord avait procédé au lancement de missiles balistiques intercontinentaux, capables d'atteindre les Etats-Unis. Elle avait aussi mené son essai nucléaire le plus puissant. 

Les essais nord-coréens depuis début 2016
Les essais nord-coréens depuis début 2016 © AFP

Réactions quasi-unanimes

A une semaine d'un sommet très attendu entre les deux Corée, la présidence sud-coréenne s'est dite satisfaite par "l'environnement très positif pour les sommets à venir" que cette décision met en place. Aux Etats-Unis, Donald Trump s'est aussi félicité de cette décision : "Grand progrès ! Hâte de participer à notre sommet", a-t-il posté sur Twitter, à quelques semaines d'une rencontre elle aussi très attendue avec Kim Jong Un. 

La semaine dernière, Donald Trump avait notamment déclaré qu'il annulerait cette rencontre "si je pense qu'elle ne sera pas fructueuse (…) Si la rencontre, lorsque j'y serai n'est pas fructueuse, je la quitterai respectueusement". De son côté, l'Union européenne, dans un communiqué, a également salué "une étape positive, attendue depuis longtemps" et espère que les sommets à venir déboucheront sur "des résultats supplémentaires, concrets". 

Seul le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, s'est montré plus mesuré quant à cette annonce. S'il salue la fin des essais, il affirme que "le plus important est de savoir si cette décision conduira à l'abandon complet du développement nucléaire et celui des missiles, d'une façon vérifiable et irréversible. Nous allons vérifier cela de près". 

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