La Corée du Nord poursuit son escalade verbale et a annoncé hier soir être entrée en état de guerre contre la Corée du Sud.

Rassemblement après le troisième essai nucléaire nord-coréen
Rassemblement après le troisième essai nucléaire nord-coréen © Reuters / KCNA

Pyongyang a également indiqué qu'elle répondrait "sans pitié" à toute action du Sud susceptible de nuire à sa souveraineté, indiquant par là qu'elle n'était pas sur le point de mener une attaque préventive.

La Corée du sud reste stoïque face à ces attaques, répétées ces derniers jours. Le gouvernement s'est refusé à prendre au sérieux la nouvelle menace de Pyongyang. Selon Séoul, rien de nouveau ne permet de s'inquiéter plus que de coutume. Un responsable du ministère de la Défense sud-coréen a assuré qu'aucun signe d'activité anormale n'a été détecté pouvant laisser croire que l'armée nord-coréenne se prépare à une attaque.

Les Sud-Coréens continuent à mener leur vie comme si de rien n'était, comme ils l'ont fait depuis le début du mois, malgré la constante menace d'attaque. L'activité se poursuivait normalement dans la zone industrielle spéciale nord-coréenne de Kaesong, qui emploie des salariés Sud-Coréens, même si la Corée du Nord menace aujourd'hui de la fermer.

A Séoul, la correspondance de Frédéric Ojardias

Les Etats-Unis prennent "au sérieux" les menaces de la Corée du Nord

Depuis le début du mois de mars, le régime nord-coréen multiplie presque quotidiennement les menaces d'attaque contre Séoul et Washington, s'estimant menacé par les manœuvres militaires conjointes de ces deux pays, entamées au début du mois et prévues jusqu'à fin avril.

Le numéro un nord-coréen Kim Jong-un a ordonné jeudi soir que les unités de fusées de l'armée soient placées en état d'alerte, prêtes à viser les bases américaines en Corée du Sud et dans le Pacifique.

Mardi, ce sont le Etats-Unis que l'armée nord-coréenne a menacé. Pyongyang a annoncé que le pays préparait ses missiles et son artillerie à frapper des cibles militaires sur le territoire des Etats-Unis.

La Maison Blanche a indiqué vendredi qu'elle prenait "au sérieux" l'annonce de la Corée du Nord selon laquelle elle était en "état de guerre" contre le Sud, tout en notant que les menaces de Pyongyang n'étaient pas inhabituelles.

L’armée américaine a procédé hier au survol du territoire sud-coréen par deux bombardiers furtifs B-2 de l'US Air Force qui ont procédé à un exercice de pilonnage fictif. Un geste fort de mise en garde de Washington.

A New-York, Aurélien Colly

Hier, et à nouveau ce matin, la Russie exprimé son inquiétude et a appelé les deux Corées et les Etats-Unis à faire preuve d'une "responsabilité et d'une retenue maximales".

La France est "vivement préoccupée", selon le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Philippe Lalliot. Paris "demande instamment à la Corée du Nord de s'abstenir de toute nouvelle provocation".

Techniquement, les deux Corée sont toujours en guerre depuis 1950

La Guerre de Corée de 1950-53 s'est terminée par un armistice et non par un traité de paix, les deux Corée sont donc virtuellement toujours en guerre.

Le Nord a annoncé début mars qu'il annulait l'armistice et les autres traités bilatéraux de paix signés avec Séoul pour protester contre les exercices militaires conjoints de la Corée du Sud et des Etats-Unis.

Ce n’est pas la première crise du genre. Il y a déjà eu des accès de fièvre beaucoup plus violents et graves que la tension de ces derniers jours, que ce soit entre les deux voisins coréens ou encore entre Pyongyang et Washington.

Les explications de Cristian Chesnot

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