Déjà inquiet face aux menaces de son voisin du nord, le pays doit en plus subir les critiques du président américain Donald Trump, affaiblissant sa position dans la région.

Le président sud-coréen Moon Jae-In
Le président sud-coréen Moon Jae-In © Reuters / POOL New

C'est un indice qui ne trompe pas sur le malaise qui règne à Séoul : ce lundi, l'armée sud-coréenne a procédé à un exercice de tir de missiles et a annoncé le déploiement temporaire de quatre batteries supplémentaires du système antimissiles américain. Le président Moon Jae-In a beau être favorable au dialogue avec Pyongyang, il a tout de même reconnu qu'il fallait sans doute une réponse militaire aux provocations de son voisin.

La Corée du Sud a un œil aussi attentif qu'inquiet sur la Corée du Nord, ce n'est pas nouveau. C'est d'ailleurs Séoul qui semble la mieux informée : lundi matin, elle annonçait que Pyongyang avait réussi à miniaturiser une arme nucléaire pour en équiper un missile intercontinental. C'est aussi le Sud qui est censé, historiquement, être le meilleur allié des États-Unis dans la région. Pourtant Donald Trump ne semble pas tarir de critiques à son égard.

Il estime notamment que la position de Séoul, ouverte au dialogue, est l'une des sources de la crise actuelle. Sur Twitter, il assure ainsi avoir dit au pays "que leur volonté de dialogue apaisé avec la Corée du Nord ne fonctionnera pas, ils ne comprennent qu'une seule chose"... Sous-entendu : la force. Pire, le président américain a même annoncé qu'il envisageait de se retirer d'un accord de libre échange avec le Sud, l'un des piliers de la relation entre les deux pays depuis 70 ans.

Selon John Delury, de l'université Yonsei de Séoul, Donald Trump accorde peu de valeur à cette alliance. Il considérerait même son homologue sud-coréen comme un Neville Chamberlain (allusion au père de la politique d'apaisement britannique envers Adolf Hitler dans les années 30). Trump a évoqué la situation nord-coréenne avec Pékin, Tokyo, mais pas avec Séoul."La hiérarchie est claire: la Corée du Sud est en bas de la pile", assure John Delury. De quoi largement inquiéter la Corée du Sud, géographiquement et militairement en première ligne dans cette affaire.

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