Alors que Donald Trump a assuré de son soutien le Japon et la Corée du Sud, Chine et Russie s'opposent à leurs système de défense dans la région.

Le ministère des Affaires étrangères chinois a déploré les tirs de missiles effectués par la Corée du nord.
Le ministère des Affaires étrangères chinois a déploré les tirs de missiles effectués par la Corée du nord. © Maxppp / Kyodo/MAXPPP

Les quatre missiles tirés lundi par la Corée du Nord ont provoqué de nombreuses réactions à l’échelle internationale.

Sur l'échelle de Richter de la diplomatie, le pire est passé de possible, à probable. Kim Jong I n'apprécie pas les manœuvres militaires de Washington et de Séoul au large de ses côtes, comme une répétition d'invasion,. D'où les tirs de missiles et les menaces de s'en prendre aux intérêts américains. Shinzo Abé, le très nationaliste premier ministre japonais parle de provocation intolérable et inédite. Xi Jiping, le chinois est très remonté contre l'installation des missiles américains et les pressions sur la Corée du nord. Il est par ailleurs très belliqueux en mer méridionale au point de s'être mis à dos tous ses voisins: Philippines, Malaisie, Vietnam. Donald Trump affirme que la Corée du nord est un très gros problème, et donne le ton en souhaitant une augmentation de 10% du budget militaire ponctionnée sur le budget du département d'état, en somme plus de porte avion et moins de diplomatie, l'idée c'est de regagner des guerres. Vladimir Poutine est remis en scène à chaque désordre, et l'Onu est impuissante, en dépit d'un nombre incalculable de sanctions prises contre Pyongyang. Le pire n'est pas encore certain mais on s'en approche.

Ces bombes tirées par la Corée du nord sont tombées en mer au large des côtes nord-ouest du Japon, quelques jours après la promesse par Pyongyang de représailles contre des manœuvres militaires entre les États-Unis et la Corée du Sud dans la péninsule. En réponse aux nouveaux tirs de missiles effectués lundi par la Corée du Nord, les États-Unis ont entamé le déploiement en Corée du Sud du système de défense antimissile THAAD (Terminal High Altitude Area Defense) dont le fonctionnement est expliqué par Lockheed Martin, fabricant de moteurs d'avion sur son site.

"Les provocations répétées de la Corée du Nord confirment la sagesse de notre décision prise l'an dernier de déployer le système THAAD en Corée du Sud", explique Harry Harris, commandant de l'armée américaine dans le Pacifique.

Ce système de défense devait initialement être livré par les Américains à l’automne, mais après ces nouveaux tirs de la Corée du Nord, la Maison blanche a annoncé que la livraison serait accélérée. Le système pourrait être prêt d'ici le mois d'avril d'après les Sud-Coréens en accord également avec l'autre pays allié des Américains dans la région, à savoir le Japon. "Le Japon et les États-Unis ont convenu que les derniers tirs de missiles nord-coréens ont constitué une violation très claire des résolutions de l'Onu et représenté une provocation contre la communauté régionale et internationale", a expliqué aux journaliste Shinzo Abe.

Une carte de la région situant les différents  protagonistes de ce conflit diplomatique.
Une carte de la région situant les différents protagonistes de ce conflit diplomatique. © google Maps

À Pékin, les dirigeants sont furieux. Le gouvernement a d’ores et déjà pris des mesures de rétorsion économique visant notamment les secteurs de l'aviation commerciale et du tourisme sud-coréens. De son côté, Séoul a annoncé qu’elle pourrait saisir l'Organisation mondiale du commerce (OMC) si la Chine persistait. Pour la Chine, THAAD serait non seulement inutile mais pourrait aussi, avec son puissant radar, porter atteinte à sa sécurité.

"Les États-Unis et la Corée du Sud vont assumer les conséquences de ceci. Nous invitons à nouveau les parties concernées à cesser le processus de déploiement et à ne pas s'entêter à aller dans la mauvaise voie", a expliqué le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Geng Shuang.

Les Russes ne sont pas en reste puisque le ministère des Affaires étrangères a jugé pour sa part que la péninsule coréenne était dans une impasse. Le Conseil de sécurité de l'Onu se réunira mercredi à la demande de Washington et de Tokyo.

► ALLER PLUS LOIN | Les explications du président d'honneur Jacques Gravereau au micro de France Culture

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.