la crimée se prononce sur son rattachement à la russie
la crimée se prononce sur son rattachement à la russie © reuters

La péninsule vote aujourd'hui pour son rattachement à la Russie, un référendum d'ores et déjà condamné par l'Ukraine voisine et par les Occidentaux. Il est organisé par les autorités locales pro-russes et son issue ne fait presque aucun doute.

Le référendum doit entériner la prise de contrôle par la Russie de la péninsule ukrainienne début mars, une semaine après la destitution du président Viktor Ianoukovitch et la mise en place d'un nouveau pouvoir que le Kremlin refuse de reconnaître.

Les bureaux de vote ont ouvert à 08h00 locales (05h00 à Paris) et fermeront à 20h00. Des résultats provisoires sont attendus dans la soirée et le décompte final devrait être annoncé un ou deux jours plus tard.

Des questions se posent déjà sur les conditions d'organisation du vote, très floues : reportage de Julie Pietri

Deux questions sont proposées aux électeurs, au nombre de 1,5 million: "Etes-vous pour la réunification de la Crimée avec la Russie dans le cadre de la Fédération de Russie?" ou "Etes-vous favorable au rétablissement de la Constitution de 1992 et au statut de la Crimée en tant que partie intégrante de l'Ukraine?"

La Constitution de 1992, rapidement abolie par le jeune Etat ukrainien post-soviétique, affirmait pour la Crimée le droit de déterminer sa propre voie. L'option consistant à maintenir le statut existant - une république autonome intégrée à l'Ukraine - n'est pas proposée.

Pascal Boniface, directeur de l’IRIS (Institut de relations Internationales et stratégiques) était l'invité du journal de 13h de Philippe Abiteboul

La situation en Crimée
La situation en Crimée © IDÉ

L'Union européenne et les États-Unis ont affirmé de leur côté qu'ils ne reconnaissaient aucune valeur au scrutin organisé ce dimanche.

► ► ► ALLER PLUS LOIN | La Crimée, cible de tous les regards du monde

"Vivre avec nos frères" russes

"J'ai voté pour la Russie", explique une électrice de 27 ans.

C'est le moment qu'on attendait. Nous sommes une famille et nous voulons vivre avec nos frères. Nous voulons quitter l'Ukraine car les Ukrainiens nous ont dit que nous sommes des êtres inférieurs. Comment pourrions-nous rester dans un tel pays ?

La majorité des habitants de la péninsule semble partager cet avis, avec la perspective de meilleurs salaires et du soutien d'un pays influent sur la scène internationale. Mais les Tatars de Crimée, des musulmans sunnites d'origine turque qui constituent 12% de la population, ont eux promis de boycotter le référendum en dépit des promesses des autorités de Simféropol de leur accorder une aide financière et de nouveaux droits fonciers.

Dans la péninsule occupée militairement par l'armée russe - même si celle-ci s'en défend, prétendant que les troupes visibles sur le terrain sont des "milices d'autodéfense" -, la situation était calme dimanche matin, en dépit de l'omniprésence d'hommes armés, le plus souvent cagoulés.

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a réitéré samedi lors d'une conversation téléphonique avec son homologue américain John Kerry, la position de Moscou selon laquelle le référendum "respecte les lois internationales et la Charte des Nations unies".

Même si à Moscou, on ne s'inquiète pas du tout de l'issue du scrutin. Les précisions sur place de Marc Crépin

La Russie a opposé samedi son veto au Conseil de sécurité de l'Onu à un projet de résolution américain qui visait à déclarer "invalide" le résultat du référendum.

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