Le gouvernement malien et les rebelles du Mouvement national de libération de l'Azawad(MNLA) ont signé mardi un accord censé permettre à l'armée de reprendre position à Kidal, bastion des insurgés touaregs dans le nord-est du pays, avant l'élection présidentielle du 28 juillet.

Le contenu de l'accord par Sébastien Laugénie

Cet accord est le fruit de près de deux semaines de négociations sous l'égide du Burkina Faso et de plusieurs pays de la région ainsi que des Nations unies et de l'Union européenne. Pour BertKoenders, représentant spécial de l'Onu, lors de la cérémonie organisée au palais présidentiel de Ouagadougou :

La signature de cet accord représente une étape importante du processus de stabilisation du Mali.

Laurent Fabius, chef de la diplomatie française, a lui aussi salué une "avancée majeure dans la sortie de crise au Mali" :

En vue de l'élection présidentielle, le 28 juillet prochain, (l'accord) concilie le respect de l'intégrité territoriale du Mali et la reconnaissance d'une approche spécifique concernant les problèmes du Nord du pays. Désormais, la sécurité est assurée pour l'essentiel, les financements du développement économique sont mobilisés et la démocratie va s'exprimer lors des élections.

Le Mali a obtenu le mois dernier 3,25 milliards d'euros d'aide étrangère. Catherine Ashton, porte-parole de la diplomatie européenne, a quant à elle à parlé d'un accord "historique". Quant au secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon, il s'est déclaré "encouragé par l'engagement des parties prenantes en faveur de la réconciliation nationale et de la résolution des désaccords par le dialogue. Il les exhorte à entamer sans attendre la mise en oeuvre de l'accord".

Et concrètement ?

jean-yves le drian évoque des incidents au mali, deux soldats blessés
jean-yves le drian évoque des incidents au mali, deux soldats blessés © reuters

Il y a une semaine, des médiateurs avaient déjà fait état d'un accord de principe, mais le président malien par intérim, Dioncounda Traoré, avait finalement reculé au dernier moment en raison des conditions fixées pour le retour de l'armée à Kidal.

Bamako souhaite que l'autorité de l'administration civile et de l'armée maliennes soit rétablie à Kidal d'ici au scrutin du 28 juillet, qui est censé parachever le retour à l'ordre constitutionnel après le coup d'Etat militaire de mars 2012.

L'armée avait menacé de s'emparer de la ville en l'absence d'accord. Les médiateurs ont travaillé d'arrache-pied pour l'obtenir.

Le MNLA a participé à l'invasion et à l'occupation du nord du Mali avant d'être supplanté par des groupes djihadistes liés à Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Depuis l'offensive militaire française de janvier qui a chassé les extrémistes, les insurgés touaregs se sont repliés dans leur fief traditionnel de Kidal, aux confins de l'Algérie et du Niger.

L'accord d'Ouagadougou a été signé par le ministre malien de l'Administration territoriale, le colonel Moussa Sinko Coulibaly, et par les représentants de deux mouvements touaregs.

Tiébilé Dramé, chef de la délégation malienne chargée des négociations, avait auparavant déclaré à la radio que cet accord allait permettre le retour rapide des forces gouvernementales à Kidal :

Maintenant, il reste à s'entendre sur les détails pratiques du déploiement. Tout le monde a également accepté d'appliquer l'autre point clé du consensus, à savoir que les groupes armés du Nord-Mali déposent les armes.

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