Des décrets tous azimuts, des déclarations fracassantes envers le Mexique, des rendez-vous téléphoniques... la présidence Trump démarre sur les chapeaux de roue.

En une semaine, Trump a signé des décrets explosifs et s'est fâché avec le Mexique
En une semaine, Trump a signé des décrets explosifs et s'est fâché avec le Mexique © Sipa / Saul LOEB

Comme tout président américain qui prend ses fonctions, Donald Trump s'est attelé dès la première semaine de son mandat, à signer des décrets et ordonnances qui imposent sa marque de 45e président des Etats-Unis. Il démontre le plus vite possible qu'il va mettre en application son programme de campagne. Les décrets signés par Trump sont tout de même empreints de provocation. Même si les textes signés n'auront pas tous d'impact immédiat, ils signifient tout de même que le changement est en route. exemple avec Obamacare, la loi de santé pour tous Il aurait également convaincu les Républicains du Congrès d'approuver tous les futurs membres de son cabinet, sans avoir rien à redire sur les conflits d’intérêts dont ils sont soupçonnés.

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La guerre est déclarée avec le président mexicain

Donald Trump ordonne la construction immédiate d'un mur physique à la frontière sud, surveillé par un personnel adéquat de façon à empêcher l'immigration illégale, les trafics de drogues et d'êtres humains, et des actes terroristes.

Le secrétaire à la Sécurité intérieure, le général à la retraite John Kelly, est sommé de commencer "immédiatement" la planification et la construction du mur. La construction du mur étant déjà autorisée par le Congrès depuis 2006, Donald Trump ordonne la ré-allocation de crédits fédéraux pour financer le chantier, mais il ne mentionne pas la façon dont il entend récupérer ces coûts auprès du Mexique.

Sur Twitter, Trump joue la provocation :

"Les Etats-Unis ont un déficit d'échanges commerciaux de 60 milliards avec le Mexique. NAFTA est un accord à sens unique, avec un nombre massif de pertes d'emplois. Si le Mexique ne veut pas payer pour ce mur dont nous avons besoin, il vaudrait mieux annuler le rendez-vous".

Dans la foulée, le président mexicain Enrique Peña Nieto annonçait l'annulation de sa visite aux Etats-Unis prévue dans moins d'une semaine.

Trump a enfoncé le clou vendredi, en écrivant que le Mexique avait profité des Etats-Unis depuis bien trop longtemps, et avait apporté trop peu d'aide pour gérer la frontière.

Premier dirigeant reçu à la Maison blanche : Theresa May

Le nouveau président républicain a reçu vendredi soir à la Maison Blanche la Première ministre britannique Theresa May pour évoquer les liens commerciaux post-Brexit et donner une nouvelle impulsion à "la relation spéciale" entre les Etats-Unis et le Royaume-Uni.

Selon le président américain, le départ des Britanniques de l'Union européenne va donner une "identité" au Royaume-Uni. "Le Brexit va être une chose merveilleuse pour votre pays", a affirmé Trump, durant la conférence de presse commune avec Theresa May à la Maison Blanche. "Quand ça va s'aplanir, vous allez avoir votre propre identité, et vous allez avoir les gens que vous voulez dans votre pays". "Et vous allez pouvoir conclure des accords de libre-échange sans avoir quelqu'un qui vous surveille et regarde ce que vous faites", a ajouté le président américain qui dit avoir connu de mauvaises expériences avec l'UE...

C’est ensuite, sur la relations avec la Russie que les deux dirigeants ont montré leur premier désaccord. Si Donald Trump est resté évasif sur une levée des sanctions contre la Russie, la Première ministre britannique a réclamé leur maintien.

L'autre désaccord a concerné l'interdiction décrétée vendredi soir par les États-Unis à l'entrée sur le territoire américains des ressortissants de sept pays majoritairement musulmans. La Première ministre britannique a fait savoir, une fois rentrée en Grande-Bretagne, qu'elle n'était "pas d'accord" avec cette mesure et qu'elle interviendra si elle devait toucher des citoyens britanniques.

Un nouveau décret qui provoque indignation et désorganisation

Donald Trump l'a signé vendredi soir. Le décret "protection de la nation contre l'entrée de terroristes étrangers aux Etats-Unis" interdit pour trois mois l'entrée aux Etats-Unis aux ressortissants de sept pays majoritairement musulmans et jugés à risque par Washington : Irak, Iran, Libye, Somalie, Soudan, Syrie et Yémen. A noter, parmi les sept pays concernés par la mesure, ne figure pas l'Arabie Saoudite. Pourtant, la plus part des terroristes du 11 septembre étaient originaires de ce pays.

"Ca marche très bien. On le voit dans les aéroports, on le voit partout", s'est félicité samedi le président américain. Dans les faits, l'application immédiate, dès vendredi soir, du décret sur l'immigration, a semé la confusion et la panique et pris par surprise des personnes déjà dans un avion ou prêtes à embarquer dans le monde entier.

Air France, par exemple, a refusé d’embarquer une quinzaine de personnes vers les Etats-Unis. La compagnie Swiss également, tout en précisant que "très peu" de personnes avaient été concernées. Austrian Airlines a empêché au moins trois Iraniens d’embarquer samedi pour les Etats-Unis. EgyptAir a interdit de vol un couple irakien et ses deux enfants.

Tandis que les responsables américains de l'immigration tentaient dans l'urgence d'interpréter les nouvelles règles, des dizaines de passagers - entre 100 et 200, selon le quotidien New York Times - ont été interpellés à leur arrivée dans les aéroports américains et menacés d'expulsion.

Samedi soir, la juge fédérale de Brooklyn, Ann Donnelly, a décidé d'un sursis d'urgence qui interdit momentanément l'expulsion des réfugiés dont la demande d'asile a été approuvée par les autorités et des personnes arrivées dans des aéroports américains avec un visa valide. La juge a également ordonné l'arrêt de l'expulsion de tous "les autres individus (...) autorisés légalement à entrer aux Etats-Unis", même en provenance des pays cités par le décret.

Le décret de Donald Trump a amené l'Iran a décréter la réciproque. Le Canada, par les tweets de Justin Trudeau, a fait connaitre une position totalement opposée à celle de États-Unis :

Hollande, Merkel et Poutine par téléphone samedi

Samedi c'était la journée "entretiens au téléphone". Le président des Etats-Unis a parlé avec François Hollande, la chancelière allemande Angela Merkel et le président russe Vladimir Poutine, premier contact officiel depuis l'investiture de ce dernier le 20 janvier. Les deux chefs d'Etat s'étaient entretenus une première fois par téléphone en novembre, peu après l'élection, et avaient convenu de la nécessité de "normaliser" les relations entre Moscou et Washington, mises à mal notamment par la crise ukrainienne. Poutine avait qualifié Donald Trump d'"homme brillant et plein de talent".

C’est après l'entretien qu'on a appris qu'Angela Merkel ne juge pas "justifiées" les restrictions à l'immigration aux Etats-Unis de ressortissants de sept pays musulmans décidées par Donald Trump, "même dans le cadre de la lutte indispensable contre le terrorisme il n'est pas justifié de placer sous une suspicion généralisée des gens en fonction de leur origine ou croyance".

Quant à François Hollande, il a mis en garde Donald Trump contre le "repli sur soi, une réponse sans issue" et abordé à cette occasion une série de sujets, comme l'accueil des réfugiés ou les sanctions contre la Russie.

Sans surprise, concernant le troisième entretien téléphonique, la Maison blanche a salué un "appel positif", constituant un point de "départ important pour améliorer la relation entre les Etats-Unis et la Russie". Donald Trump et Vladimir Poutine se sont exprimés en faveur d'une coopération entre leurs deux pays en Syrie pour vaincre l'Etat islamique.

Dimanche, Donald Trump se reposera-t-il ?

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