Pour l'Elysée, la crise irakienne actuelle est la conjonction de l'impasse syrienne et du délitement de la vie politique à Bagdad sous le règne du Premier ministre, Nouri Al-Maliki. "Le traitement de la menace est nécessaire car elle porte en elle l'éclatement de l'Irak," reconnaît-on dans l'entourage de François Hollande où l'on convient aussi que "l'organisation de la riposte sécuritaire n'est pas facile."

L'autre grande source d'inquiètude à l'Elysée, c'est la "pieuvre iranienne" et ses ramifications régionales. On a bien conscience que l'Iran est incontournable dans le réglement de la crise irakienne, mais compte tenu des alliances de Paris dans le Golfe, la marge de manoeuvre est limitée."Que veut l'Iran?" s'interrroge-t-on à l'Elysée.Qu'est-ce qui peut être négocié avec lui ? Dans les trois pays d'influence iranienne -Liban, Syrie et Irak-, la situation est contentieuse."

Même_ si"la France ne fait pas une politique sunnite", tient-on à rappeler à l'Elysée, Paris partage avec ses alliés du Golfe les mêmes craintes : " le coût de l'influence de l'Iran est exhorbitant"._ Les visites à Paris du prince Mitaeb d'Arabie saoudite, du Premier ministre turc Erdogan et de l'émir Tamim du Qatar traduisent aussi l'inquiétude du monde sunnite face aux Iraniens, malgré les hasards du calendrier.

Comment en finir avec les jihadistes en Irak sans faire le jeu de Téhéran ? C'est le casse-tête diplomatique posé aux Occidentaux et aux pétro-monarchies du Golfe dans la crise irakienne. Pragamatiques et réalistes, les Américains ont pris langue avec Téhéran sur ce dossier. "Pour éviter de faire des erreurs", a dit John Kerry, le secrétaire d'Etat américain.

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