Laurent Fabius face aux députés
Laurent Fabius face aux députés © LCP

Au cœur des débats à l'Assemblée nationale sur une éventuelle reconnaissance de l'État de Palestine, Laurent Fabius a précisé qu'elle aura lieu "sans délai" si jamais la solution négociée sous l'égide de la communauté internationale.

Le ministre des Affaires étrangères s'exprimait devant les députés, sur une proposition de résolution du groupe socialiste visant à reconnaître un Etat palestinien, qui sera soumise à un vote solennel mardi. Cette résolution, qui n'est pas contraignante mais comporte une valeur symbolique, "invite le gouvernement français à reconnaître l'État de Palestine en vue d'obtenir un règlement définitif du conflit".

Laurent Fabius a expliqué que le gouvernement n'était pas opposé à ce texte parlementaire mais que "l'exécutif, et lui seul, (était) juge de l'opportunité politique". Le moment n'est pour lui pas encore venu mais il a fixé un calendrier au terme duquel la reconnaissance serait inévitable.

Elias Sanbar, ambassadeur de Palestine auprès de l'Unesco était l'invité de Claire Servajean

La solution internationale privilégiée

Une résolution sera négociée au Conseil de sécurité de l'Onu pour parvenir à un accord et le gouvernement français reprend à son compte le délai de deux ans le plus souvent évoqué, a déclaré le ministre français des Affaires étrangères.

Parallèlement, la France entend mobiliser les pays de l'Union européenne, de la Ligue arabe et du Conseil de sécurité de l'Onu afin de convoquer une conférence internationale.

La France est disposée à en prendre l'initiative et dans cette négociation diplomatique, la reconnaissance de l'Etat palestinien constituera un instrument de règlement définitif du conflit. Si cette tentative ultime de solution négociée n'aboutit pas, alors il faudra que la France prenne ses responsabilités en reconnaissant sans délai l'Etat de Palestine et nous y sommes prêts.

La gauche divisée, la droite embarassée

Le débat sur la résolution parlementaire a montré que la classe politique française était divisée sur le sujet.

Les groupes socialiste, écologiste et Front de gauche y sont favorables, le groupe des radicaux de gauche est partagé et l'opposition UMP et UDI (centriste) y est majoritairement opposée, même si certains de ses membres voteront pour.

Le sujet divise toujours profondément au sein de chaque camp, Marion Lagardère

Pour éviter tout débat interne sur le sujet, qui divise au sein du parti, l'UMP a choisi de plutôt s'interroger sur la conformité de ces démarches à la Constitution et arrêtera mardi sa position... sur sa participation ou non au vote."Cette résolution est d'abord une contribution à la paix", dit de son côté Bruno Le Roux, président du groupe PS. "Elle reflète la position équilibrée de la France depuis la présidence de François Mitterrand. Personne ne doit en douter." L'orateur du groupe Front de gauche, François Asensi, a jugé que la France avait "rendez-vous avec son destin". "Aujourd'hui, nous avons la responsabilité de réparer une injustice vieille de plus de soixante ans et de reconnaître enfin au peuple palestinien le droit inaliénable qui est le sien : celui de disposer de son propre Etat", a-t-il dit.

A droite, l'opinion majoritaire est très différente et l'UMP Pierre Lellouche a fait la liste des "problèmes".Cette résolution "est-elle conforme à l'esprit de nos institutions ? Est-elle susceptible de contribuer à la reprise des négociations et donc à la paix ? Est-elle de nature à apaiser le débat en France ou à l'inverse à accroître le climat d'inquiétudes et de tensions qui caractérise certaines parties de la communauté nationale ?", a-t-il demandé."A ces trois questions, il faut hélas répondre par la négative", a répondu le député de Paris.La ligne de fracture passe même par le Front national, qui dispose de deux députés : Marion Maréchal-Le Pen a dit être favorable à la résolution alors que Gilbert Collard (apparenté FN) l'a vivement dénoncée en séance.

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