Le Brexit a enfin une date. Theresa May, premier ministre anglaise, a annoncé ce dimanche que son pays invoquera l'article 50 du Traité européen dans moins de cinq mois

Theresa May est actuellement à Birmingham pour le congrès de son parti
Theresa May est actuellement à Birmingham pour le congrès de son parti © Reuters / Toby Melville

La Première ministre, a voulu donner le retentissement maximum à son annonce, attendue autant par les britanniques que par Bruxelles. Avant de s'exprimer à la tribune du congrès annuel du Parti conservateur à Birmingham, elle a parlé à la BBC et donné une interview publiée ce dimanche par le Sunday Times où elle annonce que la procédure de "Brexit" sera entamée avant les élections législatives allemandes, prévues en septembre 2017 et en tout cas avant la fin mars 2017.

"Nous l'invoquerons l'article 50 avant la fin du mois de mars l'année prochaine"

Ce n’est pas une date officielle, mais Theresa May le précise, l’article 50 du traité de Lisbonne sera activé au cours du premier trimestre de l’année 2017 avec une transition, en douceur, promet la première ministre, pendant laquelle le Parlement britannique sera invité à décider quelles lois européennes resteront en vigueur au Royaume-Uni et puisque les travaux préparatoires, les rencontres avec les négociateurs de l’Union européenne auront déjà commencé.

Dans un discours devant le congrès des conservateurs à Birmingham, Theresa may a expliqué que si elle s'était donné du temps depuis son arrivée au gouvernement le 13 juillet, il ne fallait pas non plus laisser les "choses s'éterniser trop longtemps" :

Cette décision veut dire que nous avons le temps de développer notre stratégie pour les négociations et mettre au point nos objectifs.

Pas question pour Theresa May de minimiser ce Brexit

Ce sera la première étape du retour à "la souveraineté nationale", dit-elle, pour redevenir un pays indépendant. La loi de 1972 va être abrogée. Le pouvoir et l’autorité vont être rendus au parlement, à Westminster, plus question d’entendre parler de la Cour de justice européenne. C’est cette rhétorique que Theresa May s’apprête à faire entendre aux militants. Et c’est pour les conservateurs une nécessité, après les hésitations, les atermoiements, les divisions internes et la pression de la City qui veut garder un accès au marché unique. Il fallait envoyer un signal fort, sous peine de perdre l’adhésion de la base, de tous les britanniques qui ont voté pour la sortie de l’union européenne avec dans la tête l’idée de contrôler leurs frontières.

L'annonce a soulagé Bruxelles qui n'a jamais caché son impatience de voir Londres traduire dans les actes le référendum du 23 juin. Le président du Conseil européen Donald Tusk a d'ailleurs immédiatement salué une "déclaration qui apporte une clarté bienvenue sur le démarrage des discussions sur le Brexit".

Terminées les voix discordantes au sein du parti à propos du Brexit, du moins à priori

Dans les allées du centre de conférence ICC de Birmingham, où se déroule le congrès des tories, les annonces de la Première ministre ont ravi des militants en quête de repères.

Le reportage à Birmingham d'Antoine Giniaux

L'article 50
L'article 50 © AFP
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.