Le meurtre de la travailliste Jo Cox a mis un coup d’arrêt à la campagne sur le Brexit, alors que la classe politique britannique tout entière rend hommage à cette élue pro-UE.

Fleurs et bougies pour les nombreux hommages à Jo Cox
Fleurs et bougies pour les nombreux hommages à Jo Cox © Maxppp / WILL OLIVER

La Grande-Bretagne est sous le choc , après le meurtre de la député travailliste Jo Cox, survenu jeudi à la mi-journée à Birstall, dans le nord de l’Angleterre. Le drame a immédiatement mis un coup d’arrêt à la campagne sur le Brexit qui déchire en ce moment le pays. Dans le camp des pro-UE, le Premier ministre britannique David Cameron, ou le chef de file du parti travailliste Jeremy Corbin ont fait part de leur émotion et ont suspendu leur campagne pour 24h, tout comme les figures du camp du ‘Out’, Nigel Farage ou l’ex-maire de Londres Boris Johnson.

Une 'étoile' de la vie politique britannique

Jo Cox, 41 ans et mère de deux enfants, n’était pas l’une des figures médiatiques du parti travailliste, mais elle était déjà connue pour ses engagements dans l’humanitaire ou en faveur de la cause des femmes. La députée était considérée comme une étoile montante de son parti, selon les propres mots de David Cameron, et s’était récemment illustrée lors d’un des derniers coups d’éclat orchestré par le camp des pro-Brexit : alors que ces derniers faisaient défilé une flottille entière de bateaux pour la cause du " Out ", Jo Cox, son époux Brendan et ses deux jeunes enfants avaient pris place sur un bateau avec une large banderolle qui affichait simplement " In ".

Jo Cox vivait avec son mari et ses enfants à Londres, sur une péniche amarrée sur les quais de la Tamise. Dans les heures qui ont suivi l'annonce de son décès, le toit du bateau s'est couvert de bouquets de fleurs déposés en hommage.

Un mobile politique ?

Jo Cox, femme de gauche et européenne convaincue a été abattue à quelques mètres de sa permanence de Birstall, dans des circonstances encore mal établies. Les enquêteurs s'emploient maintenant à déterminer si le mobile du meurtre est bien politique, quand des témoins cités par la chaine de télévision Sky News ou par la BBC affirmaient avoir entendu l'agresseur crier "Britain First"("Priorité à la Grande-Bretagne"), qui est aussi le nom d'un petit parti politique d'extrême-droite du pays. La députée a été tué par balles mais aurait aussi reçu des coups de couteaux de son agresseur, identifié par a police comme Thomas Mair, un homme de 52 ans déjà interpellé. Ses voisins ont décrit l'homme comme calme et solitaire, tandis que le frère de l'homme évoque un long passé miné par la maladie mentale. Notre reporter Antoine Giniaux s'est rendu dans la circonscription de la victime, devant le domicile de Thomas Mair, son assassin.

Vendredi soir, la police britannique a confirmé que la piste du crime politique était privilégiée. Selon les premiers éléments de l'enquête, la députée aurait été visée par "une attaque ciblée", sans doute en lien avec "l'extrême-droite", précise la police.

Des conséquences sur la campagne du Brexit

Jo Cox a été abattue à huit jours du référendum qui doit décider du maintien ou pas de la Grande-Bretagne dans l'Union Européenne, et on imagine mal que la campagne qui fait rage entre les pro-Brexit et les partisans du "In" puisse reprendre avec la même agressivité. Si le meurtre doit peser sur ce débat, ce pourrait bien être avec une vague de sympathie pour les causes que défendait la députée travailliste assassinée. Isabelle Labeyrie a constaté l'onde de choc, avec ce reportage réalisé à Ashford :

Ce vendredi, la Une du quotidien The Guardian affichait les mots de l'époux de Jo Cox, Brendan Cox : "Elle croyait en un monde meilleur, et elle se battait pour ça chaque jour".

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