Le sommet du G7 en Bavière
Le sommet du G7 en Bavière © REUTERS/Hannibal Hanschke / REUTERS/Hannibal Hanschke

Les dirigeants du Groupe des Sept sont réunis dimanche et lundi dans les Alpes bavaroises pour un sommet à l'ordre du jour bousculé par la crise de la dette grecque et la poursuite des violences en Ukraine.

**Le rendez-vous de Schloss Elmau devait initialement se focaliser sur le climat** , Angela Merkel espérant obtenir, à six mois de la conférence internationale de Paris (COP21), un engagement ferme de ses hôtes en faveur de la réduction des émissions de gaz à effet de serre. L'Allemagne a également inscrit à l'agenda les questions de santé mondiale (Ebola, antibiotiques, maladies tropicales). Mais Angela Merkel, qui recevra pendant deux jours ses homologues américain, britannique, canadien, français, italien et japonais au château d'Elmau, un luxueux hôtel au pied des Alpes, a dû décrocher son téléphone samedi soir pour s'entretenir avec François Hollande et le Premier ministre grec Alexis Tsipras. Cette quatrième conversation téléphonique du trio en dix jours témoigne des efforts fournis par Berlin et Paris pour **tenter de sortir de l'impasse entre Athènes et ses créanciers** , alors que la Grèce risque le défaut de paiement en fin de mois. Les trois dirigeants se rencontreront mercredi à Bruxelles, a déclaré samedi un responsable grec. **L'intensification des violences dans l'est de l'Ukraine devrait également prendre une part importante des discussions** entre les chefs d'Etat et de gouvernement du G7, qui pourraient adresser une mise en garde au président russe Vladimir Poutine. Accusée par les Occidentaux de soutenir activement les séparatistes du Donbass, la Russie n'est plus associée aux réunions des Sept (sous le label G8) depuis son annexion de la Crimée en mars 2014. ### Unis contre Moscou L'Europe doit rester unie pour maintenir les sanctions prises à l'encontre de Moscou malgré leur impact sur certains pays du bloc, a déclaré dimanche le Premier ministre britannique, David Cameron, qui a exhorté les pays du G7 à adresser un message fort à la Russie. Le président américain Barack Obama avait peu avant déclaré que le sommet des dirigeants du G7 organisé dimanche et lundi en Bavière devrait permettre d'évoquer la question de l'attitude de Moscou dans l'est de l'Ukraine où des forces séparatistes pro-russes affrontent l'armée gouvernementale. **Les premières déclarations d'Obama après l'entretien**
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"Au cours des deux prochains jours, nous discuterons de notre avenir commun"

"Nous devons faire en sorte que l'Europe reste unie", a déclaré David Cameron à des journalistes à son arrivée au sommet. "Elles (les sanctions) ont un impact sur tous les pays. Mais la (Grande-Bretagne) n'a pas hésité à prendre des décisions fortes malgré sa pré-éminence dans les services financiers et je ne pense pas que les autres pays devraient agir différemment", a-t-il dit. Des responsables britanniques ont souligné que certains pays de l'est de l'Europe commençaient à se plaindre de l'impact économique des sanctions occidentales et des mesures de rétorsions adoptées par Moscou, sur le secteur agricole notamment. Londres estime que tous les Etats de l'Union doivent partager le fardeau de l'effet des sanctions pour garantir leur maintien. "Sur l'Ukraine, j'ai l'espoir que nous trouvions une solution susceptible de faire en sorte que les sanctions soient renouvelées lors du prochain sommet européen pour montrer un front uni contre l'agression soutenue par la Russie", a dit David Cameron. ### L' État islamique ou Boko Haram au menu des discussions de lundi **Angela Merkel s'est entretenue dimanche matin avec Barack Obama, une discussion qui a tournée autour de l'Ukraine, des conflits moyen-orientaux et du TTIP, le traité de libre-échange transatlantique actuellement négocié entre Washington et l'Union européenne** . Le président américain était également impatient d'obtenir de la chancelière les dernières informations sur la crise grecque. L'administration Obama, inquiète des éventuelles conséquences d'une sortie de la Grèce de la zone euro ("Grexit") pour l'économie mondiale, fait pression depuis plusieurs semaines sur ses alliés européens pour qu'un accord soit conclu. "Je crois qu'attendre le dernier ou l'avant-dernier jour avant l'échéance revient tout simplement à aller au devant d'un accident", a déclaré le secrétaire américain au Trésor Jack Lew lors de la réunion des ministres des Finances du G7 la semaine dernière à Dresde. ### Et le terrorisme ? Et le climat ? **Lundi, le sommet portera sur les menaces que font peser des organisations comme l'État islamique ou Boko Haram** , en présence des dirigeants nigérian, tunisien et irakien. Angela Merkel avait arraché à George W. Bush lors d'un sommet du G8 à Heiligendamm, sur la Baltique, en 2007, un engagement en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique. A**vec François Hollande, hôte de la conférence COP21, elle devra cette fois vaincre la résistance du Canada et du Japon pour atteindre son objectif: un engagement des Sept en faveur d'un plafonnement à 2°C de la hausse des températures mondiales d'ici à 2100** . "Sinon, je ne pense pas qu'il y aura un accord sur le climat à Paris (en décembre) et tous les participants le savent", a-t-elle déclaré dans une vidéo diffusée samedi sur internet. ### Les dirigeants du G7 obligés de rejoindre le site en hélicoptère Un rassemblement a mobilisé quelque 4 000 manifestants opposés à la tenue du sommet samedi à Garmisch-Partenkirchen, près d'Elmau. La police a bloqué un cortège de protestataires sur une route située à la sortie de la ville à quelques km, pour les empêcher de progresser davantage vers le château. Une douzaine de manifestants se sont alors assis sur la route, avant d'accepter de partir ou d'être délogés par les forces de l'ordre. Près de 20 000 policiers sont déployés pour assurer la sécurité de la réunion. Les dirigeants du Groupe des Sept ont été contraint de rejoindre le site en hélicoptère.
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