Total, PSA, Renault : pour ces entreprises comme pour d’autres entreprises européennes, il faut désormais choisir entre poursuivre ses activités économiques en Iran (et risquer les sanctions américaines) ou quitter l'Iran (et perdre un marché fructueux)... Un dilemme en somme.

Le patron de PSA Carlos Tavares et celui de la  Khodro Company,  Hasim Yeke Zare lors d'une conférence de presse à Téhéran au mois d'octobre.
Le patron de PSA Carlos Tavares et celui de la Khodro Company, Hasim Yeke Zare lors d'une conférence de presse à Téhéran au mois d'octobre. © AFP / Fatemeh Bahrami / ANADOLU AGENCY

La situation actuelle en Iran est un mélange d’économie, de politique, de géostratégie et d'équilibre plus que précaire, dans une zone géographique, le Proche et Moyen-Orient, qui n'avait pas besoin de cela.

Peugeot a annoncé lundi que le groupe se prépare à suspendre ses activités en Iran, son plus grand marché étranger en volume. Après le groupe Total, PSA est donc le deuxième groupe français à céder aux injonctions américaines.

L'État français n'est manifestement pas en mesure de garantir la protection des ces entreprises face aux Américains. Donald Trump s'est retiré de l'Accord sur le nucléaire iranien, signé entre l'Iran et les cinq membres permanents du conseil de sécurité de l'ONU.

Le président américain estime qu'il s'agissait "du pire accord qui existe", et par conséquent il exige que les entreprises qui font actuellement des affaires en Iran quittent immédiatement ce pays, dans les trois à six mois. La menace est simple : si elles refusent, le marché américain leur sera fermé. 

L’Europe tente de sauver cet accord et par ailleurs, de protéger ses entreprises qui ont (et c'est encore plus vrai pour la France) de gros intérêts économiques en Iran.

Les entreprises françaises auront donc du mal à résister face à cette pression américaine. Après la signature de cet accord en 2015, elles étaient très heureuses de pouvoir s'implanter dans ce marché de 80 millions d'habitants, dans un pays en plein développement économique. Paris est le quatrième partenaire économique de Téhéran après Berlin, Amsterdam et Rome.

Les entreprises européennes sont donc prises en étau entre Américains et Iraniens. Une situation qui risque de se compliquer encore avec les dernières déclarations de l'Iran, qui a notifié à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) la mise en route d'un plan afin d'augmenter sa capacité à enrichir l'uranium en accroissant le nombre de ses centrifugeuses. Le vice-président iranien Ali Akbar Salehi l'assure : "Ce que nous faisons ne viole pas l'accord".

Au même moment, Benjamin Netanyahu, Premier ministre israélien, fait une tournée européenne afin notamment de mettre en garde la France, l'Allemagne et le Grande-Bretagne sur les objectifs de Téhéran, et de tenter de former un front commun contre les Iraniens. 

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