Les jordaniens manifestent après l'exécution d'un pilote jordanien par EI
Les jordaniens manifestent après l'exécution d'un pilote jordanien par EI © REUTERS/Ahmad Abdo

Le roi Abdallah II de Jordanie a promis jeudi de livrer une guerre sans merci aux djihadistes de l’État islamique, au lendemain de la diffusion d'une vidéo montrant l'assassinat du pilote jordanien. Alors que les Émirats arabes unis ont suspendu leurs frappes aériennes.

Lors d'une réunion des services de sécurité, le souverain a promis :

Nous livrons cette guerre pour protéger notre foi, nos valeurs, des principes humanistes et notre guerre en leur nom sera sans merci, et nous irons les frapper sur leur propre sol.

"La Jordanie est plus que jamais déterminée à combattre le groupe terroriste Daesh", a déclaré avant lui le porte-parole du gouvernement, Mohammad Momani.

Dans une première mesure de représailles, la djihadiste irakienne Sajida al-Rishawi, condamnée à mort pour des attentats meurtriers en 2005 à Amman, et Ziad Karbouli, un responsable irakien d'Al-Qaïda, ont été pendus avant l'aube mercredi, à la prison Swaqa.

La mort du pilote a provoqué choc et colère dans le royaume

Des centaines de Jordaniens sont descendus dès mardi soir dans la rue. Les autorités ont lancé un appel à prier pour le pilote dans les mosquées du royaume. Et la télévision d’État a affiché un bandeau noir avec sa photo, diffusant des chansons patriotiques.

Son père Safi a appelé à "venger le sang de Maaz", et beaucoup se sont rendus dans le village natal de Maaz Kassasbeh, à deux heures au sud d'Amman, pour présenter leurs condoléances au père du pilote.

Reportage d'Omar Ouahmane

La Jordanie participe depuis septembre aux frappes de la coalition internationale contre l'EI en Syrie

Mais si le peuple Jordanien crie vengeance, et que certains spécialistes pensent que ça pourrait conduire la Jordanie à s'engager encore plus contre EI, allant même jusqu'au combat terrestre, dans le pays tout le monde n'est pas persuadé de la nécessité de continuer à faire partie de la coalition. D'autant que les Émirats arabes unis ont suspendu, fin décembre, leurs frappes aériennes. Les Émirats craignaient qu' en cas de capture, leurs propres pilotes ne connaissent le même que le pilote jordanien et exigent, pour reprendre les frappes, que les États-Unis améliorent leurs efforts en matière de recherche et de sauvetage des pilotes .

L'analyse de Christian Chesnot

Le décryptage de Bernard Guetta

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