Le lanceur d'alerte de WikiLeaks ne sera finalement pas être extradé vers les États-Unis. Cette décision, prise par la justice britannique en fin de matinée ce lundi 4 janvier, est une victoire pour Julian Assange et ses avocats.

Julian Assange, en mai 2017, à la fenêtre de l'ambassade d'Equateur, à Londres.
Julian Assange, en mai 2017, à la fenêtre de l'ambassade d'Equateur, à Londres. © AFP / Justin TALLIS

Julian Assange est enfin fixé : il ne doit pas être extradé vers les États-Unis où il est accusé d'espionnage et risque 175 ans de prison. La justice britannique, après avoir examiné la demande d'extradition de Washington, l'a finalement refusée peu après 11h ce lundi 4 janvier. 

État psychologique fragile 

La raison avancée par Vanessa Baraitser, la juge en charge du dossier, c'est l'état psychologique fragile du lanceur d'alerte qui ne permet pas d'envisager une extradition. Elle dit craindre notamment que le lanceur d'alerte se suicide. L'Australien, âgé de 49 ans, est emprisonné depuis bientôt deux ans au sein de la prison londonienne de haute sécurité de Belmarsh. Son état de santé s'est d'ailleurs "sérieusement détérioré, au point que sa vie est maintenant en danger", selon Niels Melzer. Le rapporteur de l’ONU sur la torture lui a en effet rendu visite un peu avant Noël, accompagné de deux médecins indépendants. Sa défense évoque, quant à elle, des pulsions suicidaires.

Le fondateur de WikiLeaks, à l’origine de la diffusion, à partir de 2010, de documents classés sur les activités militaires et diplomatiques américaines, notamment en Irak et en Afghanistan, a obtenu ces informations "sans les pirater ou les voler" fait valoir le rapporteur onusien. Il les a obtenues "à partir de sources et documents authentiques, de la même manière que tout autre journaliste d’investigation sérieux et indépendant". Avant son arrestation en avril 2019, il avait passé sept ans derrière les murs de la représentation diplomatique équatorienne à Londres où il s’était réfugié.

Cette décision est une première victoire pour Julian Assange et ses avocats, qui ne s'attendaient pas à un refus de la justice britannique. Néanmoins elle ne marque pas la fin des procédures judiciaires, l'accusation peut encore faire appel.