Anders Breivik
Anders Breivik © Reuters

La décision peut choquer : estimer que le tueur d'Utøya, qui a tué 77 personnes en 2011, a subi un traitement "inhumain" depuis sa condamnation, il y a de quoi faire bondir. Sur le contenu, pourtant, le point de vue du tribunal d'Oslo est bien plus subtil.

"La Cour est arrivée à la conclusion que le régime carcéral implique un traitement inhumain de Breivik", explique le tribunal. Il se base notamment sur l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'Homme :

Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants.

Or pour la juge Helen Andenaes Sekullic,le maintien à l'isolement du meurtrier depuis près de cinq ans (il a été condamné à 21 ans de prison en août 2012) est bien "un traitement inhumain" . Et ce, quelles que soient les conditions de cette détention. Les autorités présentaient comme une preuve d'une détention "largement conforme à ce qui est permis" les privilèges accordés au détenu dans son isolement (trois cellules à sa disposition, une console de jeux vidéo, des appareils de gym).

Les contacts avec l'extérieur toujours interdits

Pas suffisant, selon le tribunal, pour compenser l'isolement total du détenu et donc, par extention, l'absence relative de communication humaine. La justice a donc décidé, assez ironiquement, de demander pour Breivik l'application stricte des droits de l'Homme qu'il disait lui-même avoir en horreur.

Pas question en revanche de lui accorder plus. Ainsi, si la justice norvégienne devra en partiebriser l'isolement du détenu dans sa prison , rien ne l'oblige à lui permettre de communiquer avec des sympathisants à l'extérieur (ce qu'il réclamait, sur la base cette fois de l'article 8 de la Convention, qui prévoit notamment le respect de la vie privée et de la correspondance).

Breivik ne verra donc aucune levée des restrictions sur son courrier et sur ses visites, et ce pour des questions de sécurité. C'est d'ailleurs l'exception précisément prévue par le fameux article 8 ("ingérence nécessaire à la sécurité nationale, la sûreté publqiue, [...] la défense de l'ordre"). La peine de Breivik est d'ailleurs susceptible d'être prolongée tant qu'il restera considéré comme dangereux.

Anders Behring Breivik, 37 ans, avait assassiné huit personnes dans l'explosion d'une bombe à Oslo, avant d'en tuer 69 autres en ouvrant le feu sur la foule sur l'île d'Utøya, dans un camp d'été de la Jeunesse travailliste.

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