Le ministre des affaires étrangères iranien, Javad Zarif aux côtés de la reprsentante de l'UE
Le ministre des affaires étrangères iranien, Javad Zarif aux côtés de la reprsentante de l'UE © MaxPPP

L'accord nucléaire historique entre l'Iran et les grandes puissances est entré en vigueur samedi soir. Cette annonce entraîne une levée des sanctions économiques qui frappaient depuis des années cette puissance régionale aux riches ressources pétrolières et gazières.

Le président Barack Obama a réaffirmé dimanche que grâce à l'accord de Vienne sur le nucléaire iranien, entré en vigueur la veille, l'Iran ne pourra pas se doter de l'arme atomique.

Ce résultat, a-t-il ajouté, a été obtenu grâce à une diplomatie forte. Avoir refusé pendant des décennies de parler à l'Iran n'a pas servi les intérêts des Etats-Unis, a-t-il estimé.

C'est un bon jour parce qu'une nouvelle fois nous voyons ce qu'il est possible de faire grâce à une diplomatie américaine forte", a-t-il dit lors d'une déclaration à la Maison blanche.

"Ces choses nous rappellent ce que nous pouvons obtenir quand nous agissons avec force et sagesse", a-t-il ajouté.

Dès samedi après-midi, Téhéran et Washington, qui avaient rompu leurs relations diplomatiques en 1980 , ont annoncé la libération de quatre Irano-américains détenus en Iran, dont le journaliste du Washington Post Jason Rezaian, en échange de sept Iraniens détenus aux Etats-Unis.

Cet échange de prisonniers sans précédent a été rendu possible par les négociations sur le nucléaire, comme l’a expliqué le secrétaire d'Etat américain John Kerry présent à Vienne en Autriche aux côtés de son homologue iranien.

Six mois après la conclusion de l'accord nucléaire de Vienne, au terme d'un long marathon diplomatique, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a rendu son rapport. Ce document certifie que Téhéran a bien respecté toutes ses obligations destinées à garantir la nature strictement pacifique de son programme nucléaire. Cet accord met fin à un contentieux de plus de treize ans.

L'Iran ayant rempli ses engagements, aujourd'hui, les sanctions économiques et financières multilatérales et nationales liées au programme nucléaire iranien sont levées", ont annoncé dans la foulée les chefs de la diplomatie de l'Union européenne, Federica Mogherini, et iranienne, Mohammad Javad Zarif, lors d’une déclaration commune à Vienne.

Pour les Etats-Unis, l'Union européenne et l'ONU, cette décision a un effet immédiat. Le président iranien Hassan Rohani a immédiatement réagi pour saluer une "victoire glorieuse" pour le "peuple" iranien . "Aujourd'hui (...) le monde entier est plus sûr car la menace des armes atomiques a été réduite", a déclaré à Vienne le chef de la diplomatie américaine, John Kerry, l'un des principaux artisans, avec Javad Zarif, de cet accord.

Succès historique de la diplomatie

C’est "un succès historique de la diplomatie", a relevé le ministre allemand des Affaires Etrangères, Frank-Walter Steinmeier. Cet accord, négocié par l'Iran et le groupe 5+1 (Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie, Chine et Allemagne), est considéré comme le plus gros succès en matière de politique étrangère pour le président américain Barack Obama et pour son homologue iranien.

Rage des alliés traditionnels de l'Amérique

Les Etats-Unis et l'Iran vont donc se rapprocher, une évolution qui met en rage les alliés traditionnels de l'Amérique dans la région à savoir l’Arabie saoudite et Israël en tête, ennemies jurés de l’Etat perse. Israël a réagi samedi en affirmant que Téhéran n'avait "pas abandonné ses ambitions de se doter d'armes nucléaires".

En revanche, dans les milieux économiques, on se tient prêts à l’ouverture de ces nouveaux et immenses marchés. Les grands groupes veulent tous revenir en Iran, un pays qui dispose des quatrièmes réserves de brut au monde, et des deuxièmes de gaz. L’Iran est membre de l'Opep, et va pouvoir désormais exporter à nouveau librement son pétrole.

Levée de l'intégralité des sanctions échelonnée

La levée de l'intégralité des sanctions sera échelonnée sur dix ans. Pendant 15 ans, les mesures pourront être automatiquement rétablies en cas de manquements de Téhéran. L'Iran a accepté de se soumettre à des inspections régulières et renforcées de l'AIEA.

En revanche, les embargos de l'ONU sur les armes conventionnelles et sur les missiles balistiques sont maintenus jusqu'en 2020 et 2023 respectivement. "Nous resterons vigilants pour vérifier que l'Iran respecte ses engagements

chaque heure de chaque jour dans les années à venir", a prévenu John Kerry.

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