[scald=65941:sdl_editor_representation]par Khaled Yacoub Oweis

AMMAN (Reuters) - La Ligue arabe a rejeté dimanche une demande de Damas de modifier son plan d'envoi d'une mission de 500 observateurs en Syrie, où le président Bachar al Assad promet de réprimer les troubles et de ne pas céder aux pressions de l'étranger.

Quelques heures après l'expiration de l'ultimatum fixé par l'organisation panarabe à Assad pour qu'il cesse la répression, deux roquettes se sont, d'après des habitants, abattues à Damas sur un bâtiment du parti Baas, au pouvoir, marquant la première attaque de ce genre par les insurgés dans la capitale.

"Le conflit va continuer et les pressions pour faire plier la Syrie vont elles aussi se poursuivre", avait déclaré quelques heures plus tôt Bachar al Assad dans un entretien au Sunday Times. "Cependant, je peux vous assurer que la Syrie ne cédera pas et qu'elle continuera à résister à la pression dont elle fait l'objet."

Dans une lettre adressée au chef de la diplomatie syrienne, le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil Elarabi, a rejeté la demande de Damas de modifier son plan d'envoi d'une mission exploratoire, qui doit comprendre des militaires et des spécialistes des droits de l'homme.

"Les adjonctions réclamées par les Syriens affectent le coeur même du plan et modifient de fond en comble la nature de la mission", estime Nabil Elarabi dans sa lettre au chef de la diplomatie syrienne Walid al Moualem.

Pour celui-ci, le plan, en l'état, attente à la souveraineté de la Syrie, mais Damas ne rejette pas pour autant la mission de la Ligue arabe.

Cette mission d'observation s'inscrit dans le cadre du plan de paix proposé début novembre par la Ligue arabe à la Syrie, qui vise à mettre fin à la répression des manifestations contre le président Bachar al Assad.

RÉUNION DE LA LIGUE ARABE JEUDI

La Ligue avait fixé à Damas, le 16 novembre, un ultimatum de trois jours pour appliquer ce plan. Il a pris fin samedi, mais on ignore quelle sera l'attitude de l'organisation, qui a brandi la menace de sanctions politiques et économiques.

Les ministres des Affaires étrangères de la Ligue ont prévu de se retrouver jeudi pour évoquer le dossier syrien, a rapporté dimanche l'agence de presse nationale égyptienne Mena.

La veille, les membres de la commission chargée du dossier syrien, à laquelle siègent des représentants de l'Egypte, du Soudan, de l'Algérie et du Qatar, tiendront réunion pour préparer ce conseil ministériel, a déclaré un responsable de la Ligue arabe, dont le siège est au Caire.

En Syrie, dimanche, des militaires ont ouvert le feu sur des quartiers d'habitation de Homs, blessant trois manifestants, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'homme. A Talbisseh, une ville des environs, les forces de sécurité ont restitué les corps de deux hommes arrêtés en octobre, et à Idlib, deux civils ont été tués lors d'opérations de l'armée, toujours selon l'Observatoire.

Le bilan des violences de samedi s'est quant à lui alourdi à 17 morts dans les rangs des contestataires.

L'Armée syrienne libre, qui regroupe des déserteurs, a revendiqué l'attaque contre les locaux du parti Baas à Damas, disant répliquer de la sorte au refus du régime de libérer les dizaines de milliers de prisonniers politiques qu'il détient, et de renvoyer l'armée dans ses casernes comme le lui demande la Ligue arabe.

L'attaque n'a pu être confirmée de source indépendante et Moualem a démenti qu'elle ait eu lieu. Un témoin a cependant indiqué que les forces de sécurité avaient bouclé la place où se trouve le bâtiment censé avoir été visé. Il dit avoir vu de la fumée s'élever et des camions de pompiers se rendre sur les lieux.

Mercredi, l'Armée syrienne libre avait mené sa première attaque d'envergure contre le gouvernement en tirant au lance-roquette et à la mitrailleuse sur une installation des services de renseignements de l'armée de l'air.

Dina Zayed, Ayman Samir et Omar Fahmy, Clément Guillou, Jean-Philippe Lefief et Eric Faye pour le service français

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