[scald=63587:sdl_editor_representation]par Yasmine Saleh et Ayman Samir

LE CAIRE (Reuters) - Déjouant les attentes, la Ligue arabe, dont les ministres des Affaires étrangères tenaient réunion au Caire samedi, a suspendu la Syrie et demandé à l'armée syrienne de cesser de tuer des civils.

L'organisation panarabe va imposer des sanctions économiques et politiques contre le régime du président Bachar al Assad et va demander à ses membres de retirer leurs ambassadeurs en poste à Damas, a déclaré le Premier ministre du Qatar, le cheikh Hamad Bin Djassim.

La suspension de la Syrie entrera en vigueur le 16 novembre, a-t-il précisé.

Le représentant de la Syrie auprès de la Ligue arabe a estimé quant à lui que la décision de l'organisation de suspendre son pays violait la charte de la ligue, a rapporté la télévision nationale syrienne.

"On nous a reproché d'attendre longtemps, mais c'était par inquiétude pour la Syrie", a estimé pour sa part le Premier ministre du Qatar, devant la presse au Caire. "Il nous fallait une majorité pour approuver ces décisions".

"Nous invitons tous les partis de l'opposition syrienne à une réunion au siège de la Ligue arabe, afin de nous entendre sur une vision commune de la période de transition à venir", a ajouté le Premier ministre qatari.

LINCEULS DEVANT LE SIÈGE DE LA LIGUE

Selon les Nations unies, la répression du mouvement de contestation, qui a débuté en mars en Syrie, a fait environ 3.500 morts. Le président syrien Bachar al Assad a poursuivi la répression militaire en dépit du plan de paix arabe présenté le 2 novembre.

Djassim n'a pas exclu que la Ligue arabe appelle à l'aide les Nations unies pour protéger les droits des Syriens.

"Si la violence et les crimes ne cessent pas, le secrétaire général se tournera vers les organisations internationales chargées des droits de l'homme, dont les Nations unies", a-t-il dit.

Alors que les ministres de la Ligue arabe tenaient leur réunion, une centaine de manifestants réunis aux abords du siège de l'organisation ont étendu des linceuls, symboles des milliers de morts de la répression du mouvement de contestation.

"Bachar dégage, la Syrie est libre!", ont-ils scandé en agitant des drapeaux syriens et des banderoles où l'on pouvait lire "Le peuple réclame une protection internationale".

"Bachar est un boucher voué à tomber. Il faut en finir avec le silence sur ce qui se passe", déclarait une manifestante, une Yéménite de 25 ans qui étudie au Caire. "Nous sommes ici pour venir en aide à nos frères syriens qui meurent jour après jour".

Avec Omar Fahmy; Eric Faye pour le service français

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